L'oléoduc Énergie Est transporterait 1,1 million de barils de pétrole brut vers des raffineries dans l'est du Canada et un terminal portuaire au Nouveau-Brunswick.

Glissements de terrain: des décideurs naïfs ou irresponsables?

J'espère, comme 72 % des Québécois, ne voir jamais passer l'oléoduc Énergie Est de TransCanada au Québec qui devrait transporter 1,1 million de barils par jour, et qui traverserait 830 cours d'eau. Le plus gros oléoduc canadien jamais construit.
Mais l'actualité a rapporté il y a quelques jours qu'il y a eu au Québec plus de 70 glissements de terrain dont une quarantaine sont survenus en Mauricie et au Centre-du-Québec. 
Beaucoup sont dramatiques et coûteux en réparations, soulèvent de vives inquiétudes et perturbent les citoyens affectés. Le printemps n'est pas encore terminé et ces statistiques sont certainement dépassées en ce moment.
On peut penser, et ce n'est pas difficile, que les extrêmes climatiques viendront accentuer ces événements et sans doute vivrons-nous la catastrophe appréhendée, celle de la contamination des sols, des puits et des prises d'eau municipales par les hydrocarbures, et pour finir dans notre verre d'eau. 
Mais pas besoin d'une augmentation du nombre de glissements de terrain pour qu'un tel accident majeur de déversement puisse arriver. La question, c'est quand, et où ça va se produire, car c'est une certitude. Statistiques à l'appui!
Question de détection de fuites, l'audience du 8 mars 2016 du BAPE sur le projet d'oléoduc Énergie Est, on y rapporte que le système de détection automatique ne serait pas en mesure de détecter les fuites d'une taille inférieure de 1,5 % à 2 % du débit.
Une fuite de 1,5 % du débit risquerait donc de ne pas être décelée par le système, et pourrait continuer à fuir pendant peut-être trop longtemps, pour n'être rapportée seulement par le simple citoyen. D'ailleurs, les fuites sont pour leur grande majorité, invisibles, car le pipeline est essentiellement enfoui sur sa majeure partie. 
Il me semble que certains maires sont bien naïfs de ne pas considérer ces risques (glissements de terrain et fuites) comme extrêmement sérieux. Ils devraient changer leur position (ou perception), et le clamer publiquement avec leur population qui est en grande majorité contre ce projet. 
Plus de 300 maires et préfets de MRC l'ont compris, et se sont commis à protéger leur population contre ce risque, malheureusement, trop certain.
Les élections municipales sont à notre porte. La question est donc posée, et ne devra pas être éludée par nos dirigeants locaux. C'est à nous citoyens d'y voir.
Jean-Pierre Beaudoin
Trois-Rivières