Ghostbusters

Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de parler au téléphone ou de voir votre agent d'aide sociale. Moi oui. Il faut presque qualifier cette aventure comme d'un exploit en soi... Résultat: 1 à 0 pour l'agent.
Avant, mon dossier était à Shawinigan et je recevais mon courrier de ce bureau. Je devais m'y rendre pour aller porter ma déclaration mensuelle parce qu'au début de ma demande, je travaillais un peu; mon ex-patron me donnait une vingtaine d'heures de travail par mois à 10 $/h.
Donc, j'étais obligé de me rendre au bureau de l'aide sociale pour les informer de mes revenus de travail. Je demandais à la personne au comptoir de pouvoir rencontrer mon agent parce que j'avais des choses à clarifier et des questions à lui poser: mission impossible...
On me demandait d'appeler en me disant que les personnes qui me répondraient étaient elles aussi des agentes et que j'aurais droit à la même réponse à ma question que si je l'avais demandée à mon agent.
Parfois je me retrouvais à parler à un agent de Victoriaville. Je me suis vite aperçu qu'il était préférable de demander le nom de mon interlocuteur chaque fois, parce que, souvent, je ne recevais même pas la même réponse.
C'est pour cette raison que je demandais à parler ou à voir mon propre agent. Je recevais des lettres de menace de faire couper mon chèque parce qu'on m'accusait à tort de travailler «au noir», de ne pas déclarer toutes mes heures de travail et d'avoir dilapidé de l'argent provenant d'un petit REER de 1000 $.
Il a fallu que je prouve à un agent que je me suis servi de cet argent pour m'aider à payer mes taxes municipales. Il a fallu aussi que mon ex-patron signe une lettre en affirmant solennellement que je ne travaillais plus.
Cela m'a causé bien des soucis et un stress épouvantable parce que je ne savais pas d'un mois à l'autre si j'allais recevoir ou non un chèque. Présentement, mon dossier est à Grand-Mère. Probablement que mon agent y a été transféré.
Chaque année, vers le mois de juillet, je dois aller porter des papiers là-bas pour mettre à jour mon dossier. Comme je demeure à Mont-Carmel, je dois m'y rendre pour avoir la paix pendant un an. Tout cela pour vous dire que l'autre jour, je suis allé à la pharmacie pour avoir un petit pot de crème pour la peau extra sèche. Il coûtait 10 $.
Quand le pharmacien a vu mon carnet de réclamation pour payer mon petit pot de crème, il m'a alors annoncé que l'aide sociale ne payait pas pour cela. J'ai appelé l'aide sociale et j'ai parlé avec un agent pour avoir une liste des médicaments payables avec mon carnet. Froidement, je me suis fait répondre que la liste était gardée secrète et que je devais rencontrer et déranger un médecin dans un CLSC pour avoir une prescription.
Conclusion: je suis allé dans une autre pharmacie et j'ai demandé des échantillons de diverses marques et sortes de crème, et je ferais de même chaque fois que je verrai une pharmacie. Ils n'auront pas ma peau, même si elle est vieille et sèche je vous le jure! Après cela les gens diront et penseront à tort: «Ah! Les gens à l'aide sociale; le gouvernement leur paye tout!»
Quand c'est le temps de nous épier (surveiller), ils sont là. Mais quand c'est le temps de nous aider, ils disparaissent complètement, comme des fantômes.
Nous sommes tous et toutes malgré nous devenus des chasseurs de fantômes.
Bonne chasse...
Claude Béland
Notre-Dame-du-Mont-Carmel