Gaza: une histoire d'occupation

Pas besoin d'épiloguer longtemps sur les raisons de l'affrontement sanglant qui se poursuit dans la bande de Gaza depuis le 8 juillet. Ni sur les affrontements précédents (opération Plomb durci de 2008-2009; opération Pilier de défense de 2012). Leur origine tient en un mot: occupation!
Tant que la Cisjordanie sera occupée par l'armée israélienne et que la bande de Gaza sera bouclée militairement telle une véritable prison à ciel ouvert où doivent s'entasser plus d'un million et demi de Palestiniens sur un territoire moins grand que l'île de Montréal, les affres de la guerre perdureront sur les territoires de Palestine et d'Israël. Un peuple quel qu'il soit ne peut accepter de vivre indéfiniment sous occupation militaire et voir, au surplus, «gruger» petit à petit le peu qu'il lui reste de territoire par l'installation de colonies de peuplement sur ses terres. D'où l'urgence de négociations de paix de bonne foi sur la base du droit international.
D'ailleurs, Juifs et Arabes ont, jusqu'en 1948, su partager la terre de Palestine. C'était avant que les grandes puissances, coupables de négligence à l'égard de la population juive d'Europe, décident au lendemain de la Seconde Guerre mondiale de partitionner le territoire de Palestine pour faire place à l'État d'Israël et cela sans consulter ceux qui y vivaient déjà. C'était avant que des populations entières soient chassées de villages reconnues comme appartenant à la Palestine par des hordes de colons fanatiques pour qui la Palestine devrait être le territoire exclusif du peuple élu de Dieu. C'était avant la guerre de 1967 qui a vu l'entièreté des territoires palestiniens occupés par l'armée israélienne.
Des territoires toujours occupés, en toute impunité, près de 50 ans plus tard, en dépit de la résolution 242 adoptée en 1967 par le conseil de sécurité de l'ONU condamnant l'«acquisition de territoire par la guerre» et demandant le «retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés» et affirmant «l'inviolabilité territoriale et l'indépendance politique» de chaque État de la région.
Loin d'être militaire, la solution au drame vécu par les Palestiniens et à l'insécurité des citoyens israéliens en est une à caractère politique fondée sur l'établissement et la reconnaissance d'un État palestinien viable, ainsi que la restitution des territoires occupés illégalement par l'État d'Israël depuis la guerre de 1967.
Fort de cette conviction, le Comité de solidarité/Trois-Rivières a multiplié, au cours des années, des initiatives de solidarité avec le peuple palestinien et réalisé des activités d'information sur la réalité de l'occupation militaire telle que vécue par la population palestinienne.
D'ailleurs, le premier ministre canadien et son ministre des Affaires extérieures gagneraient à relire la résolution 242 de l'ONU. Ils devraient s'en inspirer dans leurs prises de position à propos du conflit israélo-palestinien, au lieu d'alimenter le brasier, comme ils le font actuellement, en adoptant des positions radicalement favorables à l'offensive israélienne. Une telle partialité s'avère d'ailleurs des plus gênantes pour les citoyens du pays.
Jean-Claude Landry
président du conseil d'administration
Comité de Solidarité/Trois-Rivières