Manifestation du front commun.

Focus sur les enjeux

Je ne suis pas déçu du rejet des offres qui demeurent iniques, ridicules et qui, surtout, ne règlent rien sur le fond. Je suis bien davantage déçu du fait que les enjeux fondamentaux de l'éducation semblent avoir été relégués au second plan. De la part du gouvernement c'était déjà bien évident, mais j'avais encore la naïveté de croire que les syndicats nourrissaient des ambitions plus nobles et surtout plus porteuses de changement; devenant ainsi le fer de lance d'une éducation de qualité et prenant le relais d'un gouvernement qui n'a strictement rien à proposer à ce chapitre.
On nous a vendu, et avec raison, que l'éducation devait devenir une priorité nationale pour redevenir le moteur de l'évolution sociale et économique du Québec comme elle l'est dans tous les pays qui se sont donné une telle priorité. Quel dommage que les syndicats soient encore prêts à vendre l'essentiel pour un plat de lentilles.
On a connu jadis la même chose avec les médecins; on les bourrait d'argent pour acheter la paix sans jamais que cela ait une quelconque influence positive sur l'amélioration de notre système de santé. Payons les enseignants, c'est urgent et nécessaire. On ne le dira jamais assez, ils font un travail essentiel qui est sous-valorisé pour ne pas dire dévalorisé. Mais si cela a pour effet de calmer le jeu et de taire les revendications, nous aurons été encore une fois les dindons de la farce.
Jean-Pierre Sirois
Trois-Rivières