L'auteur de cette lettre ouverte «rêve d'un monde pour mes petites-filles où nous serions tous, ou presque, éveillés, ouverts et militants pour les causes qui nous menacent».

Faut-il craindre et ne rien faire?

Je ne sais pas si vous suivez ce qui se passe dans le monde mais moi oui! Je le dois d'ailleurs à mon père, un ouvrier d'usine qu'on qualifierait aujourd'hui de sous-scolarisé mais qui lisait l'Action Catholique, le Montréal Matin et La Presse tous les jours.
Cela étant dit, je voudrais aujourd'hui partager avec vous mon désarroi face à ce qui se produit actuellement dans le monde, particulièrement aux États-Unis. L'arrivée au pouvoir de ce désaxé de Trump, applaudi par certains, honni par d'autres, me laisse pantois.
Comme jeune adolescent j'ai eu des cauchemars où j'imaginais que la fin du monde arriverait bientôt à cause des méchants Soviétiques qui possédaient la bombe nucléaire. J'ai aujourd'hui les mêmes cauchemars à cause de Trump, sauf que je juge que cette fois-ci la menace est plus grave. Je n'aurais jamais imaginé que ce pays se retrouve gouverné par un débile semblable. Mais maintenant que fait-on? 
Angoisser, nous plaindre, nous décourager? On n'a pas le choix mais il y a aussi d'autres actions possibles, au premier chef l'indignation et la révolte. Nous ne sommes pas des États-Uniens bien sûr mais nous pouvons quand même partager notre révolte, pour ceux qui se sentent floués, menacés par ce Lucifer des temps modernes. Que faire?
Dénoncer, boycotter, agir, partager les bassesses de ce Belzébuth qui risque de handicaper le monde dans lequel mes petites-filles s'apprêtent à faire leur entrée. L'indifférence ne peut être une solution, l'optimisme non plus devant les énormités auxquelles nous assistons depuis son arrivée.
Ma démarche actuelle vise à vous sonner une cloche, celle de la conscience et de la démocratie. Nous ne pouvons pas permettre à un dictateur de dicter ses ordres sans regimber, faites-le savoir et, aussi, prenez acte de ce que vous pouvez faire pour contrecarrer l'expansion d'une telle décrépitude. Par exemple: renseignez-vous, aux bonnes sources, soyez conscients et ouverts à ce qui se passe chez vous et dans le monde, même si parfois c'est pénible à assumer.
Je rêve d'un monde pour mes petites-filles où nous serions tous, ou presque, éveillés, ouverts et militants pour les causes qui nous menacent. C'est beau magasiner, mais il y a d'autres choses dans la vie.
On se renseigne, on s'implique, on va voter, et on s'indigne quand la direction dérape. J'ai confiance en vous.
Alain Soulard
Professeur au Collège Laflèche
Trois-Rivières