Le projet de centre des congrès du Delta.

Et si ça suffisait?

J'apprenais, il y a quelque temps, que la Ville de Trois-Rivières octroyait une subvention mensuelle, au centre des congrès du Delta (Société immobilière G3R), de l'ordre de 158 300 $ par mois, qui comprend un crédit de taxe municipale de 9800 $ par mois plus une subvention de 148 500 $ par mois, pour les 20 prochaines années pour un total de 38 millions de dollars.
J'aimerais bien comprendre ce qui s'est passé là. C'est normal qu'une municipalité donne autant d'argent en subvention à une entreprise privée? N'est-ce pas un peu trop généreux? Ou, la ville a-t-elle des actifs dans cette entreprise pour y investir autant de notre argent?
Lorsque le projet a été présenté aux conseillers, l'entente était déjà toute préparée et fixée derrière des portes closes. Plus rien à dire.
Pour faire avaler l'idée aux conseillers, le maire leur a dit que les rénovations des chambres actuelles, plus la valeur d'une nouvelle aile de 40 chambres, pousseraient à la hausse la valeur globale du Delta et donc des taxes supplémentaires pour la ville, ce qui compenseraient pour la subvention accordée pour les rénovations. Vraiment?
Qu'est-ce que le maire ne leur a pas dit? C'est un secret de Polichinelle de dire que lorsque le maire veut quelque chose, il prend les moyens pour y arriver, et ça coûtera ce que ça coûtera. Exemple: plusieurs citoyens ont travaillé pendant des années pour faire comprendre au maire qu'ils ne voulaient pas de fluor dans leur eau potable, mais LUI voulait la fluoration.
Faudra bien voir si l'augmentation de la valeur du Delta compensera pour une subvention de 158 300 $ par mois en taxes municipales.
Je pose les questions: ce n'est pas un peu exagéré? A-t-on vraiment les moyens de payer encore un tel «trip»? La Ville devait-elle vraiment mettre autant d'argent des contribuables dans une entreprise privée? Des partenariats public-privé ne sont jamais rentables pour le public, sinon le privé n'embarquerait pas. Facile à comprendre.
Il est vraiment temps que les citoyens se posent des questions sur la gestion que fait le maire actuel avec l'argent des contribuables. M. Lévesque utilise souvent le «on» dans ses discours, mais avec l'argent des autres. Facile de dépenser l'argent qui ne nous appartient pas pour accomplir ses «ego trip».
Pour pousser l'effronterie encore plus loin, ce dernier se vante, à qui veut l'entendre, que c'est facile de faire passer des projets à la Ville. Faudrait qu'il me donne son truc. Il y a tellement d'autres choses dans lesquelles il faudrait investir. Comme des services aux citoyens. Ben oui, des services aux citoyens. Investir dans le bien commun. Une notion devenue plutôt étrangère parmi les politiciens depuis des lunes.
Et si on s'en souvenait le 5 novembre prochain?
Christiane Bernier
Trois-Rivières