En mars 2016, une grande soirée d'information sur le projet d'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue avait eu lieu à Shawinigan. Il avait alors été dit que les frais d'asphaltage de 842 146 $ allaient être assumés entièrement par la taxe foncière municipale. Le discours a changé, ce que déplore l'auteur de cette lettre.

Encore un effort, Monsieur le maire!

Après 40 ans d'attente, c'est en mars 2016, à l'Espace Shawinigan, que la Ville annonçait la réalisation du projet d'aqueduc et d'égouts à Lac-à-la-Tortue et fournissait à l'assistance les informations détaillées, dont celle portant sur le paiement des frais d'asphaltage.
Tel que précisé lors de cette rencontre, les frais d'asphaltage au montant de 842 146 $, seraient assumés entièrement par la taxe foncière municipale en raison du fait qu'il s'agissait du remplacement d'une structure existante. C'était clair, net et précis! Les 22 000 contribuables de la grande ville seraient mis à contribution.
Cette annonce sans surprise s'inscrivait dans la continuité de la pratique suivie par la Ville pour le remplacement de l'asphaltage des structures existantes du boulevard des Hêtres, de la rue de la Station et de la 5e Rue.
Mais voilà que contre toute attente, la Ville fait marche arrière, refuse d'honorer son engagement de mars 2016 et décide de rompre avec le traitement financier réservé aux structures existantes et de créer un précédent pour le secteur Lac-à la-Tortue.
Ce refus brutal, un grand nombre de citoyens l'interprètent comme une rebuffade, un geste de rupture et de mépris. Une décision discriminatoire et mesquine assimilable à celle prise par une personne qui profiterait abusivement de la générosité ou des largesses d'autrui. Si bien qu'aujourd'hui la Ville veut profiter du programme fédéral pour réduire sa participation financière au projet. 
De là, la vague d'indignation populaire de citoyens en colère qui se sentent floués par des élus qui les considèrent une fois encore comme des citoyens de seconde zone exclus de la grande ville.
Et toute cette polémique pour 38 $! C'est la somme considérable que les 22 000 contribuables de la grande ville devraient débourser si l'engagement initial était respecté. Par contre, en l'absence de cette participation collective, les 1200 propriétaires du lac à la Tortue devront payer la somme de 702 $. Mais, au-delà de ce précédent et de la question d'argent, ce refus de la Ville d'honorer son engagement démontre son peu de considération pour les personnes concernées.
Cet effort collectif envers un secteur dévitalisé et négligé depuis la fusion, le plus pauvre de la ville, aurait constitué un geste de solidarité. 
Une démonstration des avantages découlant de cette fusion mal aimée puisque pour une majorité des 1200 personnes affectées par la décision de la Ville, il n'y a pas de petite économie. 
Ces 1200 personnes devront débourser des frais de branchements oscillant entre 300 $ et 3500 $, des frais supérieurs à ceux payés par les propriétaires de la grande ville pour un branchement aux services municipaux, plus les frais additionnels inhérents à l'existence de fosses septiques dont les coûts reliés à la désaffectation du système d'évacuation des eaux usées selon les exigences du ministère de l'Environnement.
Toutes ces dépenses pourraient être réduites en partie si les frais d'asphaltage pour le remplacement de cette structure existante étaient assumés par l'ensemble des contribuables de la grande ville.
La bonne nouvelle, monsieur le maire, c'est qu'avant la tenue de la prochaine séance d'information publique avec les citoyens de Lac-à-la-Tortue, il reste suffisamment de temps pour réfléchir et rappeler ces réalités qui dépassent la seule raison économique.
Des réalités pertinentes, qui malheureusement peuvent échapper à quelques-uns et qui doivent pourtant être prises en compte et considérées par les décideurs lorsqu'elles contribuent à la promotion du vivre ensemble et au sentiment d'appartenance à la grande ville.
Claude Gélinas
Shawinigan