Le dossier du gaz de schiste suscite de l'inquiétude à Bécancour.

Encore non au gaz de schiste!

L'auteure, Nicole Racine, est porte-parole du Comité de citoyens responsables de Bécancour.
Comment trois ministres ont-ils pu se contredire à de multiples reprises et conserver leur crédibilité? Comment ces trois messieurs - le premier ministre Couillard et les ministres Pierre Arcand et David Heurtel - ont-ils pu réussir à aplanir tous les obstacles possibles pour mettre à la disposition des compagnies gazières nos terres, les plus fertiles et les récréatives, les boisés, nos eaux de surface et celles de nos aquifères? La réponse? Imposer le bâillon et faire de telles pirouettes que le peuple n'y voit plus clair, trop étourdi à essayer de les suivre.
L'objectif était évident: par l'adoption de lois laxistes notre gouvernement a déroulé le tapis aux pétrolières et aux gazières, une invitation à forer et fracturer notre sol! Ça y est, les lois mises en vigueur contre toute volonté citoyenne permettront aux fonctionnaires de délivrer les permis en toute bonne conscience. Pourtant, la majorité des citoyens et un nombre croissant d'investisseurs voient plus loin que l'exploitation du gaz et du pétrole.
Par leur contribution bénévole à plusieurs BAPE, à une étude environnementale stratégique et à des consultations du ministère, les opposants à la fracturation ont acquis une large somme de connaissances sur les méfaits de cette technologie à court et long termes.
Nos voisins du sud ont des centaines de milliers de puits et les études récentes basées sur les nombreuses années d'exploitation démontrent que la santé de la population est mise à mal, que les eaux finissent par être contaminées et le sol par trembler. Que pourrait apporter de plus un projet pilote? Si ce n'est qu'un pied dans la porte?
Les quelques redevances qu'on nous fait miroiter valent-elles la baisse de la valeur des maisons voisines, les stress sociaux inévitables dans nos communautés et la perte de LA ressource destinée à prendre de la valeur? L'eau! Riches d'une ressource relativement abondante et le plus souvent gratuite, nous pourrions devenir collectivement des porteurs et acheteurs d'eau, d'une eau devenue rare et coûteuse...
Sept Québécois sur dix ne veulent pas de cette industrie et les Bécancourois s'opposent dans la même proportion. Nos élus locaux, de Bécancour et de la MRC ont clairement affirmé leur opposition à la loi 106. Relevons-nous!
Il est encore temps de racheter les droits (claims) accordés à un coût ridicule par un précédent gouvernement libéral. Osons négocier le départ de toutes les entreprises gazières et pétrolières. Le coût final pour la société n'en sera que plus avantageux. Le dossier des terres contaminées à Bécancour est loin d'être clos; nous n'avons pas besoin d'une autre source de pollution majeure.
Une seule option est envisageable: un moratoire permanent!