Elle n'est pas à sa place

Point n'est besoin d'être grand observateur pour comprendre qu'Anne-Marie Dussault n'a ni la compétence, ni le jugement, ni le doigté, ni l'intelligence spécifique pour animer une émission d'affaires publiques. Elle est probablement une bonne personne, mais elle n'est pas à sa place. Son allure de pimbêche ne l'aide pas non plus.
Elle a remplacé Dominique Poirier, mais elle ne lui arrive pas à la cheville, étant de calibre très inférieur. Mme Poirier posait clairement et calmement ses questions, respectait son invité et ne mangeait pas de vache enragée avant l'interview. Bref, elle était honnête et n'était pas vicieuse. D'ailleurs, on l'a nommée déléguée générale du Québec à New York et c'est là une excellente nomination du gouvernement du Parti québécois.
Anne-Marie Dussault, au contraire, est d'un parti-pris honteux et d'une impolitesse qui mériterait que son invité se lève de son siège et quitte le studio, la laissant monologuer. Il y a des limites à interrompre les gens, à poser des questions tendancieuses et à faire leur procès sur la place publique comme ce fut le cas avec Nathalie Normandeau.
Cette dernière est quelqu'un de bien, une bonne personne, une femme honnête et compétente comme il y en a dans tous les partis politiques. Mais hélas, et c'est vrai pour tous les êtres humains sans exception, il est impossible d'obtenir toujours et partout une moyenne de 100 %. Même pas pour le pape. Il y aura toujours un petit 2 ou 3 % d'erreurs. C'est la nature humaine. Mme Normandeau, pas plus que d'autres d'ailleurs, ne méritait ce traitement dégradant de la part de Mme Dussault.
Autre exemple? Quelle que soit notre opinion sur Marc-Yvan Côté - la mienne est plutôt négative - Anne-Marie Dussault n'avait pas à pousser l'outrecuidance jusqu'à l'appeler «le beu à Côté». Que dirait-elle si on lui disait de jeter un coup d'oeil à ses sabots?
Par ailleurs, vous vous souvenez du débat des chefs? Mme Dussault avait posé une question d'un parti-pris scandaleux à Philippe Couillard, question fondée sur des assertions fausses, mensongères et indignes. Vous vous souvenez?
En tous cas, elle est à des années lumières des Céline Galipault, Jean-François Lépine, Sophie Langlois, Isabelle Richer, Emmanuelle Latraverse, Pierre Bruneau et d'autres d'un calibre nettement supérieur.
À Radio-Canada, on donne souvent un micro à des Ti-Coune qui n'ont pas la jarnigouène d'être poli et respectueux. Ainsi, un certain Beauchamps, à la radio, appelle M. Harper «le bonhomme Harper». Qu'on l'aime ou non, c'est le premier ministre et il a aussi droit au respect.
Serge Gagnon
Louiseville