Il est temps que les séances du conseil municipal soient webdiffusées afin de faire preuve de transparence.

Webdiffusion: le fruit est mûr

À l’instar de plusieurs autres grandes villes du Québec, Trois-Rivières et Shawinigan devraient sérieusement envisager d’offrir la webdiffusion des assemblées publiques de leur conseil municipal respectif. La récente campagne électorale a ramené cette question dans les discussions de plusieurs candidats et même dans les programmes électoraux de certains d’entre eux. Les moyens étant maintenant disponibles et facilement accessibles, ce n’est plus qu’une question de volonté politique.

Plusieurs experts considèrent qu’en 2017, la webdiffusion des séances du conseil constitue un indicateur de transparence. La Ligue d’action civique, qui avait fait parler d’elle lors de la dernière campagne en faisant signer à plusieurs candidats un engagement en 22 points en faveur de l’éthique et de la transparence, plaide pour la webdiffusion.

Le président de cette organisation de citoyens et d’élus qui militent notamment pour une saine gouvernance des villes, Rodolphe Parent, indiquait récemment à Radio-Canada qu’une des premières questions qu’on se pose quand on veut savoir si une ville est transparente ou pas, c’est celle visant à savoir si elle webdiffuse ou filme tout simplement ses conseils municipaux. 

À Trois-Rivières, des candidats qui prônaient la webdiffusion des séances du conseil ont été élus et sont maintenant autour de la table du conseil. Le maire Yves Lévesque, qui n’a jamais été chaud à cette idée, devra peut-être l’envisager sérieusement. Il se trouve probablement autour de lui un plus grand nombre de partisans de la diffusion des assemblées publiques que de défendeurs du statu quo.

Avec les progrès technologiques, il est devenu facile de webdiffuser les séances du conseil. Tous les arrondissements de Montréal sauf un le font. Sherbrooke le fait. Saguenay le fait. Des villes de moins de 30 000 habitants le font aussi. Bref, on est en retard.

Et s’il faut enrober le tout dans une mise en contexte, dans une présentation plus dynamique qu’une simple diffusion des séances qui deviennent parfois interminables, alors les Villes le feront. Il y a des communicateurs capables de mettre les citoyens au courant du fonctionnement et de rendre moins hermétique le contenu de la diffusion.

Il est établi que la diffusion des travaux du conseil municipal permet aux citoyens qui ne sont pas nécessairement familiers avec ces procédures de se familiariser avec la vie démocratique de leur municipalité, avec les enjeux, les acteurs.

On ne le dira jamais assez, mais si ça peut permettre à dix, cent ou mille citoyens de plus d’être au fait des travaux de leur conseil municipal, c’est déjà un grand bond pour la santé de la démocratie municipale. 

On peut parier qu’une telle mesure, si elle est bien menée, pourrait aussi permettre aux représentants de toute une génération qui n’a aucun intérêt envers la politique municipale d’au moins y avoir accès sur des plateformes qui leur sont familières. Par ricochet, cela pourrait même faire augmenter le taux de participation aux élections municipales.

Évidemment, la diffusion des séances du conseil, en direct et en différé, n’est pas la panacée contre le cynisme de certains électeurs. Il faut aussi faciliter le travail des journalistes, permettre aux citoyens de prendre part efficacement aux débats, rendre accessibles facilement et promptement les documents reliés aux décisions que le conseil municipal prend.

De beaux défis pour les élus, anciens ou nouveaux...