Une voix de plus pour la région

ÉDITORIAL / Les représentants d’organisations culturelles, artistiques, muséologiques et même médiatiques de la région viennent peut-être de trouver en Steven Guilbeault un nouvel allié au sein du gouvernement fédéral. Et le fait d’avoir deux Mauriciens au conseil des ministres est certainement un net avantage pour la région, pour ses projets, ses entreprises et ses grands dossiers.

La visite de courtoisie du ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, mardi, donne une bonne idée de l’attachement de celui-ci à sa région d’origine. Le «p’tit gars de La Tuque», comme on pourrait le surnommer, a beau être député de Laurier–Sainte-Marie, en plein centre-ville de Montréal, son cœur semble encore pencher du côté des régions. De la sienne, en particulier.

La nomination de Steven Guilbeault comme ministre du Patrimoine canadien en a surpris plus d’un. À commencer, peut-être, par le nouveau ministre lui-même. Tout le monde s’attendait à le voir atterrir à l’Environnement, lui qui était déjà considéré comme un candidat vedette et qui avait sans doute habilement négocié son entrée en politique. Le cofondateur d’Équiterre a choisi de joindre les libéraux en ayant probablement déjà en tête un plan de match pour mettre la politique au service de l’environnement. Il sera intéressant de voir comment il pourra le faire en étant titulaire d’un autre portefeuille ministériel.

Une chose est sûre: le nouveau ministre doit faire ses classes. Et il n’y a rien de mieux qu’une tournée sur le terrain pour connaître les intervenants, voir quels sont les projets, constater le rayonnement des organismes, comprendre les besoins.

Son premier arrêt s’est fait en Mauricie: Cité de l’énergie, salle J.-Antonio-Thompson, Musée POP. Pas d’annonces, pas de grosses sessions de travail. Juste une tournée de reconnaissance. Même en point de presse, le nouveau ministre est demeuré au niveau des généralités. L’homme devra visiblement accélérer son apprentissage; il ne pourra pas avoir recours éternellement à des phrases creuses sur le rayonnement de la région et de ses institutions ou sur le travail exceptionnel des dirigeants d’organismes ou de lieux de mise en valeur.

Mais il convient de laisser la chance au coureur. À l’école des nouveaux ministres, rien ne permet de croire que Steven Guilbeault est un cancre. Il affiche même un enthousiasme qui l’honore.

Ce qu’il y a de bon, dans une telle visite, c’est qu’elle établit un lien de confiance avec les intervenants locaux. Il suffit de lire ou d’entendre les réactions de Michel Trudel, France Brisson, Nancy Kukovica ou Valérie Therrien pour constater que la visite du nouveau ministre a été appréciée et que les liens n’en seront que plus solides pour la suite.

La visite de Steven Guilbeault aura aussi eu l’avantage de délier les langues des dirigeants de musées sur certains projets qui sont en cours d’élaboration ou en attente de financement. À la Cité de l’énergie, un projet d’observation virtuel au sommet de la tour semble être dans les cartons. Au Musée POP, on cherche un demi-million de dollars pour, notamment, développer une nouvelle exposition qui serait reliée à un personnage «bien intégré dans la culture populaire québécoise» et qui est issu du domaine de la bande dessinée. Un partenariat pourrait être établi avec l’étranger pour la réalisation de ce projet, ce qui permet de croire qu’une telle exposition, si elle voit le jour, pourrait être appelée à voyager. Ce sont là des projets très intéressants.

On connaît le dynamisme des intervenants des secteurs culturel, touristique et patrimonial. Déjà, le ministre François-Philippe Champagne – député de Saint-Maurice–Champlain qui connaît bien la plupart des dossiers régionaux – était un allié pour plusieurs d’entre eux. Alors si, en plus, ils peuvent compter sur une autre voix au sein du gouvernement fédéral, on ne peut que s’en réjouir.