Le stationnement du parc portuaire de Trois-Rivières.

Une surveillance accrue s’impose

L’agression sauvage dont a été victime Jérémy A. Courchesne il y a huit jours au parc portuaire, devrait déclencher une sérieuse réflexion sur la sécurité, la surveillance et la présence policière à cet endroit et au centre-ville de façon plus générale.

Ce n’est pas d’hier que des problèmes de flânage ou d’attroupements sont constatés au parc portuaire. On rapporte parfois quelques incidents, mais les drames comme celui survenu vendredi dernier sont rares, heureusement.

Mais l’agression dont a été victime Jérémy A. Courchesne est une agression de trop.

Dans les jours qui ont suivi l’incident, l’adolescent a raconté qu’il avait dû marcher pendant une quinzaine de minutes avant que quelqu’un lui vienne en aide. En plein parc portuaire, c’est inacceptable.

On peut se demander où est le civisme des personnes qui passaient par hasard par là, mais on doit surtout se demander si la présence policière est adéquate dans le secteur.

Des commerçants à qui on a parlé en début de semaine ont mentionné qu’ils avaient observé des améliorations, au cours des dernières années, concernant les problèmes de flânage et la présence de personnes indésirables au parc portuaire. Grand bien leur fasse. Parce que dans les faits, le lieu est loin d’être rassurant. Surtout le stationnement du parc portuaire.

Si certains soulignent les efforts qui sont faits pour améliorer la situation, ils n’hésitent pas à dire que c’est souvent à recommencer, parce que le problème revient constamment.

Le service de police de Trois-Rivières montre une belle ouverture chaque année, lorsque l’été se pointe. Mais les moyens ne suffisent pas.

On parle beaucoup du programme «Îlotier», par lequel des policiers à pied arpentent le centre-ville lorsqu’il y a des fermetures de rues et des événements populaires. Mais c’est bien peu.

Ne pourrait-on pas envisager l’ouverture, en période estivale, d’un poste de quartier temporaire au centre-ville? Le quartier général est bien loin de l’activité générée par les festivals, les événements, les spectacles, les rassemblements.

Ce ne sont pas les locaux qui manquent au centre-ville. Il y en a au parc portuaire. Il y a des locaux commerciaux le long de la rue des Forges. Il y a le presbytère de l’église Saint-James.

La présence d’un point de service de la police donnerait certainement une impression de sécurité et de proximité. Pour un service de police qui déploie déjà beaucoup d’efforts – et qui cumule de belles réussites – en matière de relations communautaires, ce pourrait certainement être une plus-value non négligeable. La population saurait où se tourner s’il y a un incident, peu importe son degré de gravité.

Parce que les rassemblements de jeunes et le flânage au parc portuaire ne sont pas les seuls problèmes au centre-ville. On a déjà beaucoup parlé du bruit et des incivilités à la sortie des bars. Il y a aussi les amateurs de voitures modifiées qui font toujours parade entre le tunnel du parc portuaire, la rue de l’Hôpital, la rue des Ursulines et la place Pierre-Boucher.

Le seul fait d’avoir une police qui a pignon sur rue quelque part au centre-ville, ne serait-ce que de mai à octobre, pourrait contribuer à décourager certains délinquants. Mieux, cela contribuerait certainement à augmenter le sentiment de sécurité des visiteurs, des promeneurs, des commerçants, des résidents.

Il est vrai que le temps de réaction des policiers est déjà très bon, que leur couverture du territoire a fait ses preuves. Mais si on allait un peu au-delà de ça? Si on allait un peu au-devant de la population et des utilisateurs du centre-ville? Si on en faisait juste un peu plus, pour éviter que d’autres drames surviennent ou pour faire en sorte qu’une victime n’ait pas à marcher quinze minutes avant de trouver de l’aide?

Trois-Rivières, surtout en été, mériterait bien ça.