Martin Francoeur

Une solution prometteuse

ÉDITORIAL / Il y a quelque chose de rafraîchissant dans le fait de parler d’un projet d’infrastructure qui allie le tourisme aussi bien que l’éducation et la recherche scientifique dans une période où il subsiste encore beaucoup d’incertitude quant à la fréquentation des différents attraits touristiques.

Le projet d’aménagement d’un Centre de sciences dans le secteur du parc de la rivière Batiscan viendrait en quelque sorte remplacer l’observatoire de Champlain, qui a connu son lot de difficultés au cours des dernières années.


« Il faut souhaiter que la mobilisation et l’enthousiasme qui entourent cette initiative puissent être maintenus malgré les contrecoups de la crise actuelle. Il faudra beaucoup de pouvoir de conviction pour que ce projet de 11,3 millions $ voit le jour. »
Martin Francoeur

S’il se concrétise, ce projet de Centre des sciences constituera un outil de développement pédagogique et touristique hors du commun. Les attraits misant sur le tourisme scientifique se font rares dans la région. Avec, par exemple, la Cité de l’énergie de Shawinigan, le Centre de la biodiversité de Bécancour et Boréalis à Trois-Rivières, le Centre de sciences dédié à l’observation et à l’interprétation astronomiques deviendrait un complément intéressant dans l’offre touristique régionale. De façon préliminaire, on estime les retombées à 3,2 millions $.

Il fallait un tel coup d’éclat pour mieux faire digérer la fermeture de l’Observatoire de Champlain. Les installations étaient devenues désuètes et les ressources financières pour assurer le fonctionnement, notamment en période estivale, n’étaient plus au rendez-vous. On ne compte plus le nombre de fois, au cours des dernières années, où on a dû annoncer la fermeture au public pour certaines périodes. Parfois, une intervention de dernière minute d’un député permettait de débloquer des fonds inespérés, mais c’était un éternel recommencement. Ce qu’il y a d’intéressant, dans le projet de Centre de sciences, c’est qu’il réunit d’autres partenaires. Outre le Cégep, l’Université du Québec à Trois-Rivières est aussi dans le coup, tout comme l’Institut Périmètre de physique théorique, la MRC des Chenaux et le Parc de la rivière Batiscan.

Les partenaires semblent par ailleurs avoir trouvé une alliée convaincue en la personne de Sonia LeBel, députée de Champlain et ministre de la Justice. Celle-ci se dit non seulement emballée par le projet mais semble déjà disposée à faire les interventions nécessaires auprès de ses collègues qui devraient délier les cordons de leurs bourses.

Le terrain de l’observatoire actuel du chemin Sainte-Marie sera donc cédé prochainement à la Municipalité de Champlain par la Fondation du Cégep de Trois-Rivières, qui en est propriétaire. Le site visé pour le nouveau Centre des sciences se trouve à 20 kilomètres plus au nord, sur le territoire de la municipalité de Saint-Narcisse, à l’entrée du parc de la Batiscan, secteur Barrage. Il s’agirait évidemment d’un intéressant complément pour le parc, qui a déjà des infrastructures d’accueil parfaitement compatibles et qui pourrait bonifier son offre de services pour l’étendre à toute l’année.

Le futur bâtiment de 10 000 pieds carrés se distinguerait par son apparence et contiendrait deux télescopes, un réservé au public et l’autre à de la recherche scientifique, de même qu’un planétarium et un robot manège Kuka, du matériel spécialisé, une classe, une salle d’appareils et un espace bureau.

Il faut maintenant souhaiter que l’accélération des projets d’infrastructures, pour peu qu’elle se fasse dans les régles de l’art, pave la voie à la réalisation de ce projet dont la valeur est considérable pour la région. Ils sont rares les projets qui allient une mission touristique, scientifique et pédagogique. Non seulement cela viendrait mettre du baume sur les plaies encore sensibles laissées par les obstacles répétés de l’ancien observatoire, mais cela viendrait doter la région d’un produit d’appel enviable sur le plan touristique.