Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel

Une rive sud au pouvoir?

Une région qui pourrait sortir gagnante de voir le Québec être dirigé par un gouvernement caquiste est assurément celle de la rive sud de Trois-Rivières. La circonscription Nicolet-Bécancour n’a pas été représentée par un politicien au pouvoir depuis 2003 alors que le péquiste Michel Morin y était roi et maître.

Depuis, trois députés s’y sont succédé: Éric Dorion (ADQ), Jean-Martin Aussant (PQ et Option nationale) et Donald Martel (CAQ). Après être passé maître dans l’art de critiquer vertement les décisions du gouvernement en place, voilà que Donald Martel pourrait soudainement se retrouver dans une position plus que favorable pour faire avancer des dossiers importants dans son coin de pays.

La plupart des intervenants économiques et communautaires de Nicolet-Bécancour rêvent d’ailleurs d’avoir enfin un député au pouvoir pour redonner une vitalité à une région qui ne l’a pas eu facile au cours des dernières années.

On ne refera pas l’histoire mais Bécancour et les environs ne se sont jamais vraiment relevés de la fermeture de Gentilly-2 décrétée en 2012 par le Parti québécois. Les gros projets tardent à se matérialiser dans le parc industriel et on ne peut pas vraiment dire que le Fonds de diversification de 200 millions $ mis en place à la suite du déclassement de G-2, et reconduit pour cinq ans à la fin de 2017, a permis de redonner ce nouveau souffle économique tant espéré. Et comme si ce n’était pas assez, le lock-out à l’Aluminerie de Bécancour laisse présager un autre scénario catastrophique qui pourrait encore une fois coûter des centaines d’emplois.

Un éventuel gouvernement caquiste devra se pencher sur la situation et personne n’est mieux placé que Donald Martel pour s’assurer que les entreprises de la région de Bécancour et Nicolet profitent pleinement des programmes d’aide instaurés après la fermeture de G-2 et, surtout, pour empêcher que la situation ne se détériore davantage.

Autre dossier qui devrait faire partie des priorités de Donald Martel: le doublement de la 55. Ces travaux sont exigés par la communauté de la rive sud depuis plusieurs années déjà. De nombreux accidents mortels ont eu lieu dans cette portion de l’autoroute et il est grand temps qu’on donne l’aval à ces correctifs évalués à environ 400 millions $. Donald Martel est d’ailleurs le premier à s’insurger chaque fois que le ministère des Transports lève le nez sur ce projet. Si les bottines suivent les babines, il devrait en faire un dossier prioritaire dans un éventuel règne caquiste.

La santé est un autre sujet chaud sur la rive sud. Encore récemment, la Coop de santé de Saint-Léonard-d’Aston entreprenait une vaste campagne de recrutement pour contrer une pénurie de médecins.

Est-ce que cette idée de scinder en deux l’actuel CIUSSS Mauricie—Centre-du-Québec pourrait faire partie des solutions pour régler ces problématiques sectorielles? Il sera d’ailleurs intéressant de voir comment l’équipe de François Legault va manœuvrer avec ce projet qui peut séduire les intervenants des grands centres comme Victoriaville et Drummondville, mais qui n’est sûrement pas aussi intéressant plus près du fleuve où les couloirs de services avec Trois-Rivières sont éprouvés depuis plusieurs années.

Si son parti sort grand gagnant le 1er octobre prochain, Donald Martel aura donc plein d’occasions de démontrer qu’il est aussi bon pour réaliser que pour chialer et qu’une région peut avoir un avantage à être du côté du pouvoir.

Lui qui reprochait récemment aux libéraux d’y aller d’une tempête d’annonces à l’approche des élections pourrait ainsi prendre une petite revanche.