Philippe Couillard sera en Mauricie jeudi pour lancer sa campagne électorale.

Une région stratégique

La décision du Parti libéral du Québec de lancer officiellement sa campagne électorale en Mauricie est révélatrice: Philippe Couillard est conscient que les circonscriptions de la région actuellement détenues par des députés libéraux sont sérieusement menacées par la Coalition avenir Québec et il a la ferme intention de multiplier ses visites mauriciennes pour essayer de limiter les dégâts. En fait, les bonzes du PLQ ne savent que trop bien qu’une Mauricie complètement caquiste pourrait signifier un gouvernement majoritaire pour François Legault.

Reste à voir maintenant si Philippe Couillard et ses candidats en Mauricie parviendront à résister à la montée de la CAQ qui ne semble pas vouloir s’essouffler. La tâche s’annonce ardue. Très ardue.

Depuis 2001, Julie Boulet était une valeur sûre pour le PLQ. Le départ de l’invincible politicienne et l’entrée en scène de la nouvelle circonscription Laviolette-Saint-Maurice viennent changer la donne et augmentent substantiellement les chances de victoire de la CAQ dans cette région. La candidate caquiste, Marie-Louise Tardif, est avantageusement connue dans ce secteur et devrait faire bonne figure. Or, Mme Tardif devra éviter d’attendre prudemment la victoire derrière la popularité de la CAQ et être un peu plus présente sur le terrain. Le vieux routier Pierre Giguère pourrait profiter d’une telle attitude passive que plusieurs candidats caquistes inexpérimentés pourraient adopter pour éviter de faire des erreurs.

Autre élément qui pourrait nuire à Marie-Louise Tardif: Julie Boulet a l’intention de faire campagne pour aider ses collègues libéraux. Aura-t-elle un impact? Assurément, mais il est difficile de trouver les raisons qui l’incitent ainsi à repousser sa retraite. Surtout qu’elle risque de croiser sur son chemin la candidate de la CAQ dans Champlain, Sonia LeBel, celle-là même qui l’a passablement malmenée devant la Commission Charbonneau. Mme LeBel ne se gênera sûrement pas pour rabrouer la nouvelle retraitée si celle-ci est un peu trop «dérangeante». Chose certaine, à la lumière du sondage Recherche MainStreet/GCM qui lui prévoit une victoire facile, Mme LeBel aura amplement le temps d’éliminer tous ceux qui pourraient empêcher la CAQ de conquérir la Mauricie.

Et si Mme LeBel a besoin de quelques informations supplémentaires pour déboulonner une fois pour toutes Julie Boulet de son piédestal, elle pourra toujours compter sur son collègue qui se présente dans Trois-Rivières, Jean Boulet, le frère de Julie. L’avocat est une autre belle prise de la CAQ et il sera intéressant de voir comment il va se débrouiller sur le terrain. De nature réservée, il devra trouver le moyen d’atteindre le cœur des électeurs. Même défi du côté du député libéral sortant, Jean-Denis Girard, qui n’a jamais vraiment réussi à sortir de sa coquille. Il ne faut donc pas s’attendre à de grandes empoignades dans Trois-Rivières et, dans ce contexte, le candidat caquiste devrait profiter de l’erre d’aller de son parti.

Ailleurs en région, Donald Martel devrait facilement être réélu dans Nicolet-Bécancour. Le fidèle soldat de la CAQ, qui brigue un troisième mandat, pourrait même hériter d’importantes responsabilités dans un gouvernement caquiste.

C’est finalement dans Maskinongé, où Philippe Couillard a lancé sa campagne nationale, que les libéraux pourraient sauver les meubles en Mauricie. Le député sortant libéral Marc H. Plante n’est pas battu. Il bénéficie d’une solide équipe et est très présent sur le terrain. Pourra-t-il résister à une éventuelle vague caquiste? Une chose est sûre, il ne restera pas grand-chose du règne libéral à l’Assemblée nationale si M. Plante est délogé par le candidat caquiste Simon Allaire.

En attendant le verdict final, il ne faudrait pas s’étonner de voir Philippe Couillard revenir faire son tour une couple de fois dans Maskinongé durant la campagne.