Une question de responsabilité

ÉDITORIAL / Le Québec comme le monde entier fait face à une situation exceptionnelle. Une situation qui méritait et qui mérite toujours une réponse exceptionnelle. Le premier ministre François Legault et les autorités de la santé publique ont déployé des moyens et formulé des recommandations qui s’imposaient.

Il ne faut évidemment pas céder à la panique. Mais il est impératif que la population fasse ce qu’elle doit faire pour prévenir une croissance rapide de la propagation de la COVID-19 et éviter une pression soudaine sur le système de santé. En ce sens, la stratégie gouvernementale dont on a pu avoir un aperçu jeudi est appropriée.

La grande question qui demeure est de savoir si elle est suffisante. La situation évolue à un tel rythme qu’il ne faudrait pas s’étonner de voir le gouvernement imposer d’autres mesures préventives. Mais pour l’instant, la réponse gouvernementale est exemplaire et il appartient maintenant à la population de suivre les recommandations et de respecter les consignes formulées.

C’est une question de responsabilité sociale. Peut-être que plusieurs parmi nous n’ont pas peur du coronavirus. Peut-être que certains se félicitent déjà de prendre les mesures appropriées pour éviter la propagation. Mais le risque va maintenant plus loin. Il dépasse les comportements de nos petites personnes. Il faut penser en fonction de la communauté, de la société. On ne le fait pas assez souvent.

Ce qui est particulier dans cette crise que nous traversons, c’est qu’elle viendra bousculer nos habitudes. Nos habitudes de voyage, nos habitudes sanitaires, nos habitudes de consommation culturelle, nos loisirs, nos activités, nos déplacements. Pour une rare fois dans une vie, on nous demande d’agir dans un souci de responsabilité communautaire. Et c’est exactement ce qu’il faut faire.

On entend et on lit toutes sortes de commentaires, notamment sur les réseaux sociaux, depuis le début de l’épidémie de COVID-19. Certains croient encore que la peur a pris le dessus sur le gros bon sens. C’est tout le contraire. Dans un cas comme celui-ci, il convient de s’en remettre aux spécialistes et la coordination de la réponse nationale face aux impacts du coronavirus démontre que la situation est prise au sérieux.

Le défi derrière le déploiement de mesures préventives est d’aplanir la fameuse courbe du nombre de cas nécessitant une prise en charge par le système de santé et de briser la chaîne de transmission. Il faut éviter les pics comme on a pu en observer en Italie tout récemment. Nous avons la chance, si on peut parler ainsi, de voir la vague arriver. C’est pourquoi il était nécessaire d’agir pendant qu’il en est encore temps. Prévenir pour avoir à en guérir le moins possible.

Pour une rare fois dans une vie, on nous demande d’agir dans un souci de responsabilité communautaire.

Si, dans quelques semaines ou dans quelques mois, un bilan s’impose et qu’on fait le constat que la situation aura été moins pire que ce qu’on envisage depuis quelques jours, alors ce sera tant mieux. Mais en attendant, quand on nous dit que la COVID-19 pourrait atteindre entre 30 % et 70 % de la population si rien n’est fait et que les personnes vulnérables se retrouveraient exposées davantage à un risque de contamination, il convient de prendre les moyens nécessaires.

Elles sont rares, les situations d’urgence, les crises, les pandémies. Elles sont rares ces situations où on nous demande de mettre un peu de côté notre confort personnel, de modifier nos habitudes quotidiennes. Mais on a l’habitude de la solidarité. On connaît la résilience. On les met à profit du moment que survient une catastrophe naturelle ou un drame humain.

Ce sont ces mêmes valeurs qui doivent maintenant caractériser les actions que nous allons poser, individuellement ou collectivement, pour passer à travers cette crise.