Martin Francoeur
François-Philippe Champagne
François-Philippe Champagne

Une promotion, oui mais...

ÉDITORIAL / François-Philippe Champagne vient de prendre du galon dans le conseil des ministres de Justin Trudeau. En héritant du ministère des Affaires étrangères, il devient le chef de la diplomatie canadienne, qui a beaucoup de pots à recoller par les temps qui courent. C’est une marque de reconnaissance et de confiance. Mais il y a un bémol. Le gouvernement de Justin Trudeau perd un formidable gars de terrain qui était particulièrement à l’aise et efficace avec le portefeuille de l’Infrastructure et des Collectivités.

Le fait que le député de Saint-Maurice–Champlain soit de nouveau ministre ne surprend personne. Il est un des rares libéraux québécois en dehors de la métropole à avoir sauvé son siège et son bulletin comme ministre est impeccable. Il s’est rapidement imposé comme un élément solide de l’équipe ministérielle de Justin Trudeau et s’est surtout révélé un habile communicateur, ce qui est essentiel pour la transmission des messages du gouvernement.

Il ne faut pas en douter, la nomination de François-Philippe Champagne comme ministre est en soi une excellente nouvelle pour la région. Avoir une voix aussi forte au sein du gouvernement de Justin Trudeau constitue certainement un atout pour le cheminement des dossiers régionaux.

Il faut aussi souligner que pour François-Philippe Champagne, c’est une excellente nouvelle. Le poste de ministre des Affaires étrangères est certainement un des plus prestigieux et des plus délicats. Il succède ainsi à Chrystia Freeland, qui a eu beaucoup de visibilité et beaucoup de dossiers aussi complexes que délicats à piloter. Fait intéressant à noter, François-Philippe Champagne et Chrystia Freeland ont tous deux occupé la fonction de ministre du Commerce international avant d’atterrir aux Affaires étrangères.

François-Philippe Champagne aura beaucoup de pain sur la planche dans ses nouvelles fonctions. Le Canada a du travail diplomatique à faire avec la Chine, la Russie, l’Arabie saoudite et, bien sûr, avec les États-Unis. Et il y a toujours cette volonté d’obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU qui devrait le tenir passablement occupé.

Il y a fort à parier que beaucoup d’élus municipaux ou provinciaux regretteront de ne plus avoir François-Philippe Champagne comme interlocuteur fédéral pour leurs dossiers d’infrastructures. L’homme avait cette facilité à s’adapter aux intervenants avec qui il devait travailler: il est aussi à l’aise dans les cercles économiques ou intellectuels que sur le terrain, sur un chantier – comme celui du pont Samuel-de Champlain – ou dans des grands rassemblements populaires.

Certains diront peut-être qu’un communicateur comme François-Philippe Champagne aurait pu être plus utile dans des dossiers domestiques que dans les relations internationales. Souhaitons simplement qu’il demeure une voix forte et qu’il puisse conserver son affabilité et sa disponibilité envers les journalistes. Il est un des éléments qui donne crédibilité et humanité au gouvernement de Justin Trudeau et sa présence dans les médias est souvent beaucoup plus efficace que celle de certains de ses collègues à la langue de bois ou qui recourent souvent à la fameuse «cassette».

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Un mot pour souligner la nomination d’un autre fils de la Mauricie, Steven Guilbeault, comme ministre du Patrimoine canadien. Cette nomination confirme que la candidature de ce militant de longue date était une candidature prestigieuse pour le Parti libéral et que son engagement politique avec les libéraux avait une haute valeur symbolique.

Dommage qu’il n’atterrisse pas à l’Environnement, son champ d’expertise, mais cela peut se comprendre compte tenu des positions qu’il aurait eu à défendre dans certains dossiers. L’important, c’est qu’il soit au conseil des ministres et qu’il puisse faire entendre sa voix dans des dossiers liés, justement, à l’environnement et aux changements climatiques.