La dernière fois que Trois-Rivières accueilli une finale des Jeux du Québec, ça se déroulait en 1999.

Une idée qu’il ne faut pas rejeter

La 54e finale des Jeux du Québec bat son plein à Québec ces jours-ci. Pas moins de 3300 jeunes athlètes, près de 1500 entraîneurs, et des centaines d’officiels et accompagnateurs mettent le cap sur la Vieille-Capitale pour cet événement sportif d’envergure. La tenue de cette finale donne des idées au candidat à la mairie Jean-François Aubin, qui croit que Trois-Rivières devrait lever la main pour accueillir une finale des Jeux du Québec, idéalement à l’été 2024.

Même s’il y a certainement des engagements plus importants que la tenue d’une finale des Jeux du Québec sur le territoire de la ville, l’idée est loin d’être mauvaise.

En fait, elle est surtout rafraîchissante parce qu’au cours des dernières années, l’ex-maire Yves Lévesque n’a jamais été chaud à une candidature trifluvienne pour accueillir un tel événement. Trop coûteux, estimait-il abruptement.

Peut-être était-ce parce que le maire n’avait jamais goûté à une finale des Jeux? Quand le Grand-Trois-Rivières a accueilli la 34e finale, à l’hiver 1999, il n’était pas encore maire de Trois-Rivières-Ouest. Il l’est devenu deux mois plus tard.

Peu importe, il y a trop longtemps, que la ville n’a pas été le théâtre d’un événement sportif d’envergure. Dans le cas des Jeux du Québec, il n’est pas normal qu’une ville de près de 140 000 habitants, comme Trois-Rivières, n’ait pas accueilli de finale estivale depuis 1975. Ou de finale tout court depuis 1999.

Dans l’histoire des Jeux, plusieurs villes québécoises ont accueilli deux fois une finale. Laval, en 2020, en sera à sa troisième présentation depuis la première édition, en 1971. Thetford Mines, qui était l’hôte de la finale l’été dernier, agissait à ce titre pour une troisième fois. La population de Thetford Mines est d’environ 26 000 habitants.

Rapidement, la proposition du candidat Aubin a suscité des réactions chez ses deux adversaires. Des réactions d’une décevante tiédeur. On dirait que s’est installée, à Trois-Rivières, la peur de l’audace.

Éric Lord, d’une part, préfère attendre que la Ville «se dote d’une vision plus large du tourisme sportif pour, ensuite, choisir les bons projets pour Trois-Rivières.»

Il faut lui rappeler qu’il y a quelques années, la Ville souhaitait devenir rien de moins que la capitale du tourisme sportif. Elle avait mis en place un comité du tourisme sportif, qui gérait un fonds destiné, notamment, à promouvoir la tenue d’événements sportifs d’envergure. La Ville versait 75 000 $ annuellement dans ce fonds né à la suite de la tenue des Jeux du Québec d’hiver 1999. Aujourd’hui, ce comité n’existe plus à Trois-Rivières. La Ville a plutôt choisi de faire confiance au Centre régional d’entraînement et d’événements de la Mauricie, qui chapeaute un sous-comité pour développer les événements à Trois-Rivières.

Jean Lamarche, de l’autre côté, a raison lorsqu’il évoque le fait que la disponibilité des bénévoles est un élément essentiel. La saison estivale est riche en activités de toutes sortes et le candidat à la mairie craint un essoufflement. Mais là où il fait fausse route, c’est lorsqu’il évoque le fait que la tenue d’une finale des Jeux du Québec «doit venir des gens du milieu vers le haut et ensuite le politique le soutient». Ça peut être ça. Mais pas que ça. Si des élus choisissent de lancer des idées et d’initier des projets, ça peut être tout aussi porteur.

Quand Yves Lévesque a lancé le projet d’amphithéâtre, il ne s’agissait clairement pas d’un projet né de la volonté du milieu. Idem pour le projet de colisée.

Pour ce qui est de la tenue d’une finale des Jeux, il semblait déjà, il y a quelques mois à peine, y avoir un intérêt du côté des membres du conseil municipal. Qu’un ou des candidats à la mairie y souscrivent, c’est tout à fait normal. Et ça mérite d’être envisagé.

Bien sûr, il y a des coûts. Mais si on peut aller chercher quelques millions en aide financière gouvernementale, notamment pour retaper les infrastructures sportives existantes, ce serait bête de s’en passer. Si des villes de 30 000 ou 40 000 habitants peuvent accueillir les Jeux du Québec, il est clair que la question des coûts est un mauvais argument pour Trois-Rivières.