Martin Francoeur

Une bonne nouvelle pour le Colisée

ÉDITORIAL / On ne sait pas encore quand il y aura du hockey au nouveau Colisée de Trois-Rivières, mais on sait que quand il y en aura, ce sera du hockey professionnel de la ECHL si tout se passe comme prévu.

C’est une bonne nouvelle pour la Ville et pour les amateurs de hockey de la région. C’en est peut-être une moins bonne pour l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui espérait voir les Patriotes comme seuls occupants de la nouvelle glace. Souhaitons maintenant que l’option de la cohabitation soit encore sur la table.

La conclusion d’une entente de principe entre la Ville de Trois-Rivières et le groupe piloté par Dean MacDonald, même s’il reste, dit-on, quelques ficelles à attacher, est certainement l’aboutissement d’un travail de longue haleine et le début de la fin d’une saga politique.

Dean MacDonald, avec son idée d’implanter une franchise de la ECHL à Trois-Rivières et de la rattacher au Canadien de Montréal, n’était pas initialement le premier choix du maire Jean Lamarche. Celui-ci penchait davantage vers les Patriotes de l’UQTR, dont le comité de promotion était mené par Daniel Lamarre du Cirque du Soleil. Mais à force de persévérance, MacDonald a su démontrer le bien-fondé de son projet et son potentiel.

Le fait que la Ville se range derrière la proposition faite par le propriétaire des Growlers de St. John’s constitue, au final, une volte-face. L’opinion publique largement favorable à l’arrivée de la ECHL dans une ville comme Trois-Rivières aura certainement pesé lourd dans la balance. Il faudra voir si ces appuis très marqués, notamment sur les réseaux sociaux, se traduiront en un engouement pour le produit d’appel lui-même. Il y aura certes, au début, une curiosité qui promet de belles foules au Colisée, mais qu’en sera-t-il à la deuxième, à la sixième ou à la quatorzième année? Tout reposera sur la mise en marché de cette équipe, sur ses performances et sur le potentiel de développement d’un sentiment d’appartenance.

S’il y a une entente de principe, c’est beaucoup en raison du travail des fonctionnaires de la Ville, surtout ceux de la Direction de la culture, des loisirs et de la vie communautaire, qui ont réussi à dépolitiser le dossier et à rendre la venue d’une équipe de la ECHL acceptable pour tout le monde. Reste à convaincre l’UQTR, mais ça, c’est une autre histoire.

C’est un tour de force d’avoir réussi à attacher ce dossier en pleine période de pandémie. La beauté de la chose, c’est que la conclusion de cette entente donne un atout précieux aux deux parties, et peut-être à une troisième si l’UQTR bouge à son tour: du temps. On a encore une quinzaine de mois avant de voir la première mise au jeu protocolaire de cette équipe non encore formée, non encore confirmée, non encore baptisée. Au moins le clan de Dean MacDonald, Mark Weightman et Marc-André Bergeron aura du temps pour bien faire les choses.

On dispose aussi de temps pour voir de quelle façon l’UQTR et ses Patriotes pourraient s’imbriquer dans une éventuelle cohabitation. Ce scénario, qui ne semble pas encore écarté, est toujours le plus souhaitable. La cohabitation était devenue le plan A de la Ville concernant l’occupation du nouveau Colisée. Bien sûr, si le ménage à trois devenait réalité, il faudrait procéder à des aménagements, notamment si les deux équipes veulent avoir leurs quartiers respectifs à l’intérieur du Colisée. Cela pourrait vouloir dire un vestiaire supplémentaire, des bureaux, un local d’entraînement. Cela voudrait surtout dire des dépassements de coûts, mais puisqu’il est ici question d’une optimisation de l’occupation, cela méritera d’être soigneusement analysé. Et là encore, le fait de ne pas être bousculé dans le temps devient un avantage considérable.

On a toujours dit que l’occupation exclusive, par l’une ou l’autre des deux organisations qui ont vendu leur salade à la Ville, devait être vue comme étant un scénario à éviter. La cohabitation permettrait d’atténuer l’impact d’un amphithéâtre sportif qu’on imagine déjà difficile à remplir. Et si on ne peut pas remplir les 4500 sièges du Colisée, il faudrait au moins donner l’impression qu’il est un équipement nécessaire.

Il en va de l’intérêt des contribuables.