Une belle occasion pour Sonia LeBel

ÉDITORIAL / La ministre de la Justice et ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel, a une belle occasion de rappeler à ses électeurs qu’elle est avant tout députée de Champlain. Le dossier de l’Observatoire du Cégep de Trois-Rivières est mûr pour une intervention rapide, efficace et qui redonnera à ce lieu ses lettres de noblesse.

Après avoir vécu des années d’incertitude en raison de la précarité financière, voilà que c’est le poids des années – et de la neige – qui a raison de la saison estivale de l’Observatoire. Le lieu, qui est à la fois un espace d’apprentissage, un attrait touristique et un équipement scientifique, mérite qu’on le ramène dans le 21e siècle.

Ce sont d’ailleurs ces mots qui ont été employés par le directeur général du Cégep de Trois-Rivières, Louis Gendron, plus tôt cette semaine. Avec raison, d’ailleurs.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a un projet sur la table. Un projet de 800 000 $, qui avait été présenté au précédent gouvernement libéral mais auquel celui-ci n’a pas eu le temps – ou les moyens – de donner suite. Pourtant, le député de Champlain de l’époque, Pierre Michel Auger, avait maintes fois démontré beaucoup d’acharnement et d’énergie pour sauver les saisons successives de l’Observatoire.

Maintenant, c’est à la députée de la CAQ de faire une telle démonstration. En plus, elle a des moyens «ministériels». Même si ce n’est pas dans ses portefeuilles, elle a l’influence et le pouvoir d’une ministre, ce que Champlain n’a pas eu depuis longtemps. L’Observatoire pourrait devenir un beau trophée dans le dossier des accomplissements locaux de Sonia LeBel. C’est devenu un symbole.

Le Cégep de Trois-Rivières préférerait évidemment reconstruire plutôt que de rénover. Dans l’état où se trouve cette bâtisse et son environnement, un projet de reconstruction ne serait certainement pas un luxe. On souhaiterait que le lieu soit aménagé pour que des cours puissent y être dispensés et pour que des salles puissent accueillir des jeunes du primaire et du secondaire. C’est une chance d’avoir dans la région un tel équipement. Aussi bien le rendre capable de profiter à toute la communauté, particulièrement à la clientèle scolaire.

La ministre semble d’ailleurs travailler activement sur le dossier. Le cabinet du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a été mis à contribution et il semble, selon le directeur du Cégep, que les démarches soient déjà bien amorcées. Les coups de fil se multiplient et une visite des lieux est prévue pour la semaine prochaine. C’est bon signe.

Si le gouvernement embarque en finançant le projet de reconstruction et de mise aux normes, il faudra aussi s’assurer que le fonctionnement annuel puisse, lui aussi, être adéquatement financé. L’aspect touristique de l’Observatoire est géré par l’organisme qui regroupe les sites historiques du Vieux presbytère de Batiscan, du Domaine seigneurial de Sainte-Anne-de-la-Pérade et du Moulin seigneurial de Pointe-du-Lac. Et clairement, ce regroupement n’a pas les moyens de faire marcher adéquatement un éventuel observatoire tout neuf. Actuellement, les frais récurrents étaient estimés à environ 30 000 $ annuellement. Ça pourrait être un peu plus si on se dote d’infrastructures permettant une plus grande fréquentation. Il faudra donc un financement récurrent, peu importe l’organisme qui le gérera, pour que l’Observatoire puisse être exploité à son plein potentiel.

L’Observatoire de Champlain est un équipement unique. Il n’existe pas des dizaines de lieux semblables au Québec. C’est un équipement qui a un caractère exclusif, particulier, original. Cela éloigne le risque de «créer un précédent» si on devait consentir une aide financière pour la reconstruction de ce bâtiment et la valorisation de sa mission.

L’occasion est belle, pour le gouvernement caquiste, de répondre positivement aux demandes sur la table. Et de montrer que d’avoir deux ministres dans la région, ça peut servir à quelque chose.