Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur
Daniel McMahon
Daniel McMahon

Un tour de force signé McMahon

ÉDITORIAL / Quand Daniel McMahon s’est vu confier la fonction de recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières, en février 2016, il faisait face à un défi colossal: remettre de l’ordre dans les finances de l’institution et éliminer un déficit qui s’élevait alors à 14,2 millions de dollars. À un peu moins de deux mois de son départ à la retraite, il peut dire mission accomplie.

C’est un tour de force considérable qu’il vient d’accomplir à l’UQTR. La tâche n’a pas été facile. Elle a occasionné des cris et des grincements de dents. Elle a même été marquée par un sombre épisode en mai 2018: le fameux lock-out qui est alors venu créer un fossé considérable entre le recteur et les professeurs de l’institution. Les cicatrices de cet épisode tardent encore à se refermer.

Mais ce serait malhonnête de retenir de Daniel McMahon qu’il aura été le recteur du lock-out. On aurait avantage, quand il aura quitté ses fonctions, à se souvenir de lui comme étant le recteur du redressement des finances de l’UQTR. Il fallait peut-être la rigueur d’un comptable pour y arriver. Ça tombe bien. C’en est un. Et ça compense assurément pour l’absence de doctorat, un facteur qui faisait en sorte que certains le regardaient de haut à son arrivée en poste.

L’institution se retrouve maintenant dans une position financière avantageuse: l’année 2020-2021 marquera le retour à l’équilibre budgétaire. C’est un an plus tôt que ce qui avait été envisagé initialement, lors de l’adoption d’un austère plan de redressement au début de 2016. On se donnait alors cinq ans pour répondre à ce qui était alors une exigence du gouvernement du Québec, rien de moins. C’est dire à quel point la situation de l’UQTR était devenue aussi précaire que préoccupante.

Quand il a pris les commandes de l’université en février 2016, Daniel McMahon avait formulé deux engagements: atteindre l’équilibre budgétaire et poursuivre le développement de l’institution. Le deuxième aurait pu être plombé par le premier, mais ce n’est pas le cas. L’UQTR a connu des hausses de clientèle étudiante, a poursuivi son développement à Drummondville, a maintenu son engagement comme partenaire dans la communauté régionale et a continué à développer le savoir et la recherche.

En bon gentleman, Daniel McMahon refuse de s’attribuer le mérite de l’atteinte de l’équilibre budgétaire. Il considère que c’est le fruit des efforts de l’ensemble de la communauté universitaire, particulièrement des employés. Le plan de redressement, rappelons-le, était assorti de baisses de salaire pour les cadres supérieurs, les cadres et le personnel professionnel. Quant aux professeurs et aux chargés de cours, ils ont consenti à différentes mesures, notamment la réduction du plancher d’emploi.

Oui, il reste des traces du conflit. Bien des professeurs l’ont encore sur le cœur et avec raison. Décréter un lock-out dans un milieu de travail comme une université n’était assurément pas une décision orthodoxe. Il faut, avec le recul, regarder la situation dans son ensemble. L’UQTR a traversé une période trouble, mais elle est maintenant mieux positionnée pour accomplir sa mission et pour développer ses activités.

C’est un avantage considérable pour celui ou celle qui succédera à Daniel McMahon.