Un soubresaut et une lueur d’espoir?

Il suffit de jeter un coup d’œil aux plus récentes statistiques sur la population des villes et des municipalités de la région pour constater que, globalement, le portrait démographique s’améliore. Même si la population de la Mauricie reste parmi les plus âgées, la région arrive à maintenir un rythme de croissance attribuable, surtout, aux migrations intraprovinciales.

Chaque début d’année nous ramène les chiffres de ce qu’on appelle communément le décret de population. Il s’agit, essentiellement, d’un outil gouvernemental qui établit la population des villes et municipalités du Québec à chaque début d’année. Le décret est basé sur les plus récentes données démographiques et les estimations provenant de l’Institut de la statistique du Québec, qui fournit chaque année au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire les informations nécessaires pour chacune des localités du Québec. Pour 2018, le décret a été adopté le 12 décembre par le conseil des ministres et a été publié dans la Gazette officielle du Québec du 26 décembre dernier. Les chiffres sont en vigueur depuis le 1er janvier.

Même s’ils sont basés sur des données réelles, ils demeurent une estimation utilisée essentiellement pour l’élaboration de politiques et de programmes gouvernementaux ou pour déterminer des montants auxquelles les municipalités ont droit en vertu de certains programmes. Le ministère des Affaires municipales met en garde de ne pas utiliser ces chiffres pour un suivi historique de la population des municipalités, que ce soit à des fins d’analyse démographique ou d’aménagement du territoire. Mais ils permettent tout de même de constater l’évolution démographique. Les chiffres du décret et les chiffres officiels des portraits démographiques de l’Institut de la statistique du Québec diffèrent très peu.

Pour une rare fois au cours des quinze dernières années, la population de Trois-Rivières afficherait une légère baisse. On estime à 136 847 habitants la population de la Cité de Laviolette pour 2019. C’est 179 personnes de moins que l’an dernier. Ça demeure une variation minime. Minime, mais négative.

Pourtant, c’est lorsqu’on compare les chiffres de 2002 et ceux pour 2019 qu’on constate que Trois-Rivières a connu une augmentation démographique importante. Avec une population de 136 847 habitants, c’est comme si, depuis la fusion du 1er janvier 2002, on avait ajouté à Trois-Rivières une ville de la taille de La Tuque ou de Bécancour. C’est 10 409 personnes de plus qu’il y a dix-sept ans.

Un tel écart est attribuable non seulement à un accroissement naturel, mais aussi à la migration interrégionale. Des personnes qui habitent d’autres régions du Québec et qui décident de venir s’installer à Trois-Rivières ou en Mauricie. C’est souvent le cas de nouveaux retraités originaires de la région, ce qui est bon pour l’augmentation du nombre d’habitants mais qui l’est moins pour les statistiques sur le vieillissement de la population.

Il faut reconnaître que la hausse globale de la population trifluvienne est largement attribuable aux efforts de la Ville pour attirer des nouveaux arrivants, des nouveaux travailleurs ou des nouveaux retraités: rajeunir les infrastructures, améliorer l’offre de services, les loisirs, les plateaux sportifs, les événements. Des outils ont été mis en place pour rendre la ville plus attrayante, pour diversifier l’économie. C’est tout cela qui se répercute maintenant dans le bilan démographique.

Fait à noter, si Trois-Rivières enregistre une légère baisse cette année mais une augmentation globale depuis 2002, c’est le contraire pour Shawinigan. Après avoir encaissé baisse après baisse, voilà qu’il y aurait, pour 2019, une légère hausse de sa population.

Dans le cas de Trois-Rivières, il faut souhaiter que la baisse enregistrée ne soit qu’un soubresaut, voire un ajustement. Dans le cas de Shawinigan, il faut espérer que la légère hausse annonce enfin le renversement de tendance espéré depuis si longtemps.