Les ministres Jean Boulet et Pierre Fitzgibbon

Un signal clair pour un meilleur signal

ÉDITORIAL/ Il y a un peu plus d’un an, alors qu’il était en campagne électorale, François Legault avait promis que si un gouvernement de la CAQ était porté au pouvoir, toute la province allait avoir un accès à Internet haute vitesse et à la téléphonie cellulaire d’ici 2022. Il évaluait un tel engagement à 400 millions $ sur quatre ans. Vendredi, Québec a lancé un appel de projets doté d’une enveloppe de 100 millions $, ce qui devrait permettre de desservir 70 000 foyers et plusieurs milliers d’entreprises. C’est un signal clair... pour un meilleur signal.

Il faut surtout savoir que la réalisation d’un tel engagement est extrêmement complexe. Notamment en raison du partage des coûts entre Québec et Ottawa et de la difficulté que pose la paralysie des dossiers en raison de la présente campagne électorale.

L’appel de propositions lancé vendredi concerne principalement les cas dits orphelins. Ceux qui n’entrent pas dans les programmes devant être financés par une entente provinciale-fédérale. Cela représente environ 70 000 foyers. Il y a trois ans, on avait estimé à 340 000 le nombre de foyers non branchés et là-dessus, plus de 260 000 entreraient dans l’un ou l’autre des projets qui sont éligibles au programme fédéral mais qui ne sont pas encore mis en branle. En ce sens, les territoires orphelins passent devant les projets non éligibles au programme fédéral.

Ce n’est certainement pas pour rien que le premier ministre François Legault, il y a quelques semaines, a rappelé aux candidats à la présente élection fédérale que des citoyens sont toujours dans l’attente et n’ont pas le même niveau de service internet que la plupart de leurs concitoyens. Il a demandé au gouvernement fédéral d’accélérer la cadence afin de l’aider à brancher tous les foyers du Québec à Internet haute vitesse d’ici 2022. Une enveloppe d’un demi-milliard de dollars est attendue d’Ottawa.

François Legault avait alors observé qu’Ottawa n’était pas vraiment en mode «haute vitesse» dans ce dossier et appelait les chefs des différents partis à s’engager pour que les programmes puissent être rapidement financés et annoncés.

Le plaidoyer de François Legault a été repris, en différentes versions, par des élus locaux qui ont profité de la campagne électorale pour demander des engagements en ce sens de la part des candidats dans les différentes circonscriptions, particulièrement dans les régions touchées par les problèmes de communications. Le message a été suffisamment martelé pour que le prochain gouvernement puisse agir rapidement.

Le Parti conservateur avait d’ailleurs procédé à une annonce en ce sens ici même, dans la région, en présence des candidats des circonscriptions de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Le lieutenant politique d’Andrew Scheer pour le Québec, Alain Rayes, avait d’ailleurs livré l’engagement de son parti: prioriser l’accès à Internet à large bande en milieu rural pour toutes les régions du Québec. On n’a pas donné les détails, mais on souhaitait réaliser cet engagement dans un éventuel premier mandat.

Les libéraux, de leur côté, ont inscrit dans leur plate-forme électorale les engagements en matière de communications: réduire les frais de téléphonie cellulaire de 25 % et offrir un accès à internet haute vitesse à travers le Canada d’ici 2030. Coût estimé: 1 milliard $ sur cinq ans.

En attendant que le fédéral avance plus rapidement dans ce dossier, l’appel d’offres lancé vendredi par le ministre Pierre Fitzgibbon témoigne certainement de la volonté du gouvernement du Québec d’aller de l’avant et de s’assurer que des dizaines de milliers de Québécois auront accès à un service adéquat.

Et il y a certainement de quoi se réjouir que cette annonce ait été faite dans la région, au DigiHub de Shawinigan. Plusieurs communautés et plusieurs élus de la région réclament depuis longtemps de meilleurs services pour Internet à haut débit. Il était temps qu’on permette aux bottines de suivre les babines.