Un repos salutaire

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, ne pouvait pas trouver de meilleurs mots pour définir ce à quoi devrait servir la période des Fêtes de fin d’année. En commentant le fait que la direction d’ABI et le syndicat n’ont pas pu arriver à une entente négociée avant la date butoir du 21 décembre, le ministre a indiqué que la période des Fêtes devait être une occasion de repos salutaire pour tout le monde. Il invite aussi tout le monde à profiter de cette période pour «faire des réflexions».

C’est un souhait qui ne doit pas se limiter aux parties opposées par le conflit de travail à l’Aluminerie de Bécancour.

Le ministre Boulet formulait ces souhaits de prendre un peu de repos et de profiter des Fêtes pour réfléchir sur les meilleures façons d’atteindre l’objectif d’un règlement négocié. Mais force est de constater, en cette fin d’une année tumultueuse, que beaucoup de monde devrait prendre un peu de temps pour «faire des réflexions».

Dans le cas du conflit à l’ABI, on en vient presque à se demander si les parties auront cette capacité de réfléchir tellement la dernière année a été marquée par des impasses, des fins de non-recevoir, des accusations mutuelles et certainement, aussi, par une dose de mauvaise foi.

Les échecs du processus de négociation et de la médiation, les pressions infructueuses du milieu politique et l’absence de mobilisation populaire ne laissent pas beaucoup d’espoir pour un règlement à court terme dans ce conflit qui s’éternise. Derrière cette partie de bras de fer, il y a des drames humains qui se jouent. Il y a des entreprises et donc des centaines voire des milliers d’autres travailleurs qui en souffrent de façon indirecte.

La réflexion s’impose, assurément.

La période des Fêtes pourra aussi permettre d’autres pauses salutaires et d’autres occasions de réflexion ou d’introspection.

À Saint-Élie-de-Caxton, une réflexion s’impose au sein des élus. On est en train de saper tout le travail fait au cours de la dernière décennie pour transformer le village, le rendre attrayant et en faire une destination touristique unique au Québec. On est en train d’écarter Fred Pellerin qui est non seulement la bougie d’allumage de cette transformation, mais qui l’alimente année après année. Il y a un climat d’affrontement qui n’augure rien de bon dans cette municipalité.

La réflexion s’impose aussi à Trois-Rivières, dans le dossier de Vision zéro. Et elle doit se faire aussi bien chez les opposants purs et durs qu’au sein des élus qui en font la promotion. Réfléchir sur les moyens de concilier les intérêts de tout le monde, de créer une adhésion de la population à cette philosophie. Réfléchir sur les étapes de consultation et d’information qui s’en viennent et qui auraient dû avoir lieu beaucoup plus tôt.

On souhaite que la réflexion s’étende, aussi, aux maires des municipalités qui auront des décisions à prendre dans le dossier des équipements supralocaux. Que des terrains d’entente puissent être trouvés rapidement et à la satisfaction de tous.

Que la réflexion gagne aussi les microbrasseurs de la région et les représentants du Trou du diable. Il doit bien y avoir un moyen de faire en sorte que la Route des brasseurs, en 2019, ne contourne plus Shawinigan.

Espérons que la réflexion anime aussi le maire Yves Lévesque, dont le retour en fonction est prévu à la mi-janvier, et les conseillers trifluviens. Réflexion sur les moyens de préserver la collaboration instaurée chez les élus, sur les changements de façons de faire. Une réflexion qui doit toujours être guidée par l’intérêt des citoyens.

On pourrait ajouter des réflexions souhaitables sur des sujets spécifiques ou des dossiers ponctuels. Il y a en a des tonnes.

Mais ce qu’il faut souhaiter, c’est que tout le monde puisse saisir ce message invitant à la réflexion et que chacun puisse l’interpréter à sa façon. Et agir pour faire en sorte que demain soit au moins un peu meilleur qu’hier et aujourd’hui.

À tous, je souhaite de très joyeuses Fêtes, un repos salutaire et de fructueuses réflexions.