Un rendez-vous pour Trois-Rivières?

Le coup d’envoi de la 53e finale des Jeux du Québec a été donné, vendredi soir, à Thetford Mines. Plus de 3700 athlètes et un millier d’accompagnateurs ont rendez-vous pour cet événement d’envergure. L’idée de voir Trois-Rivières accueillir une de ces finales refait surface et c’est une bonne nouvelle. Il y a longtemps, trop longtemps, que la ville n’a pas été le théâtre d’un événement sportif d’envergure.

Cela fait presque deux décennies que Trois-Rivières n’a pas accueilli les Jeux du Québec. En 1999, le Grand Trois-Rivières – la ville fusionnée n’était pas née – avait accueilli la finale des Jeux d’hiver, avec des cérémonies d’ouverture au stade de baseball, par un froid intense. Le moment avait tout de même été marquant. Vingt-quatre ans plus tôt, Trois-Rivières avait été l’hôte de la 8e finale des Jeux, en été.

Au fil des ans, plusieurs villes ont accueilli deux fois les jeux. Laval, en 2020, en sera à sa troisième présentation depuis la première édition, en 1971.

Avec sa population de 140 000 habitants, il serait naturel de voir Trois-Rivières recevoir les jeunes athlètes une troisième fois. Et cela pourrait être une formidable répétition ou une façon de mettre la table pour les Jeux du Canada, à condition que Trois-Rivières veuille les accueillir un jour.

Pour les Jeux du Québec, il semble y avoir un intérêt du côté des membres du conseil municipal. Tant mieux. C’est là qu’il faut que l’intérêt soit. Parce que s’il n’en tenait qu’au maire Yves Lévesque, la ville n’accueillerait pas les Jeux du Québec. Trop coûteux, selon lui.

En 2012, la Ville de Shawinigan avait dû débourser plus de 600 000 $ sur un budget total de 4,9 millions $. À Drummondville, en 2015, le conseil a dû consentir un montant de 1,2 million $ sur un budget d’opérations de 5 millions $. Thetford Mines, pour la finale en cours, aura reçu un total de 6 millions $ en subventions et la Ville elle-même aura contribué pour environ 500 000 $.

Si des villes de 30 000 ou 40 000 habitants peuvent accueillir les Jeux du Québec, il est clair que la question des coûts est un mauvais argument pour Trois-Rivières.

En fait, c’est surtout la mobilisation entourant un événement de cette envergure qui est importante et nécessaire pour une ville. En prime, cela donne une belle occasion de retaper un peu les infrastructures sportives, ce qui n’est pas négligeable.

Trois-Rivières a déjà des équipements de qualité, avec le Complexe sportif Alphonse-Desjardins, les institutions d’enseignement, l’Université et ses plateaux sportifs, les terrains de sport extérieurs, etc. Et il y aura bientôt un colisée tout neuf. Les astres s’alignent.

L’avantage de Trois-Rivières tient aussi dans sa situation géographique. Le comité organisateur de 1999 avait calculé que les athlètes et les supporteurs de douze régions pouvaient s’y rendre en moins de deux heures trente de voiture. Trois-Rivières disait d’ailleurs beaucoup miser sur le tourisme sportif, allant même jusqu’à mettre sur pied un comité du tourisme sportif, qui gérait un fonds destiné, notamment, à promouvoir la tenue d’événements sportifs d’envergure. La Ville versait 75 000 $ annuellement dans ce fonds, justement né à la suite de la tenue des Jeux du Québec d’hiver 1999.

Oui, il y avait eu un surplus. D’environ 150 000 $.

Mais on ne peut pas dire que les événements majeurs se sont multipliés ces dernières années. On sent beaucoup plus de volonté d’attirer des événements majeurs à Shawinigan qu’à Trois-Rivières.

La région regorge d’associations sportives qui elles-mêmes regorgent de bénévoles chevronnés, prêts à mettre l’épaule à la roue. Tout ce qu’il faut, au fond, c’est un peu de volonté politique. Et la nécessité d’avoir confiance un peu plus souvent en nos moyens, en l’expertise d’organisateurs solides et en l’enthousiasme de bénévoles toujours prêts à servir.

L’occasion est belle de montrer au Québec, une fois de plus, qu’on est capable de bien faire les choses.