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Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur

Un podium pour Trois-Rivières

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ÉDITORIAL / Trois-Rivières est-elle devenue une ville attrayante pour des travailleurs qui souhaitent s’établir en dehors de grandes régions métropolitaines du Canada?

Si on en juge par un classement établi par la firme RatesDotCa, il faut bien croire que oui. L’agglomération trifluvienne arrive au troisième rang canadien d’un palmarès des meilleurs endroits pour vivre.

On nous bombarde, depuis quelques années, de classements tous hautement subjectifs sur la qualité de vie, l’indice de bonheur ou sur d’autres concepts du genre. Généralement, Trois-Rivières fait plutôt belle figure.

Mais cette fois, cette troisième position canadienne – et premier rang québécois – révèle une tendance bien réelle: le pouvoir d’attraction de Trois-Rivières est sur une pente ascendante.

La firme RatesDotCa n’est ni une firme de sondage ni un institut de recherche. C’est une entreprise qui offre des services-conseils en matière d’assurances et de produits financiers, en plus de constituer un centre d’information offrant des outils et des calculateurs comparatifs. Parce qu’elle s’intéresse notamment aux prêts hypothécaires et au coût de la vie, l’entreprise a développé une connaissance des différents marchés immobiliers.

Le classement des villes selon leur «habitabilité» ou leur qualité de vie fait partie des contenus créés par l’équipe éditoriale de cette boîte. De telles analyses, affirme RatesDotCa, s’appuient sur des faits et seraient exempts de l’influence de ses partenaires et annonceurs.

Ceci étant dit, le classement publié ces derniers jours visait à identifier les meilleurs endroits au Canada pour vivre en dehors des grandes régions métropolitaines. Le sujet est pertinent plus que jamais, notamment en raison de l’ouverture au télétravail qu’on observe depuis le début de la pandémie.

Un sondage Léger mené pour le compte de RatesDotCa révélait qu’environ 21 % des Canadiens qui, depuis avril 2020, ont déménagé ou prévoient déménager quittent un grand centre urbain – Toronto, Ottawa, Montréal, Vancouver, Calgary ou Edmonton – pour s’établir dans des plus petites villes ou des régions rurales. Et ce sont ces «destinations» qui ont intéressé RatesDotCa.

Le palmarès qui place Trois-Rivières au troisième rang des villes pour leur qualité de vie prend en compte des paramètres traditionnels comme l’abordabilité et la croissance, mais il donne également du poids à des critères axés sur le style de vie tels que le paysage, la vie nocturne, les activités de plein air et l’accessibilité. En fait, l’enquête a révélé que l’un des principaux facteurs décisifs dans la recherche de l’endroit où se déplacer est le paysage (proximité des montagnes, des principaux plans d’eau, de la forêt, etc.) (17 %), après l’abordabilité (33 %). Les autres principaux facteurs comprennent la croissance économique et de l’emploi (12 %), la taille de la ville (8 %) et les activités de plein air (8 %).

Après deux mois de recherche, RatesDotCa s’est retrouvé avec une liste de plus de 150 communautés. Celle-ci a ensuite été affinée et classée à l’aide d’une formule qui attribue des points pour des points positifs comme une population croissante, des coûts hypothécaires bas et la beauté des paysages, pour ne nommer que quelques critères. Toutes les communautés ainsi recensées ont été comparées les unes aux autres, ce qui fait que certaines évaluations étaient plus subjectives.

Trois-Rivières n’est devancée, donc, que par deux villes et elles sont toutes deux situées en Colombie-Britannique: Langford, près de Victoria sur l’île de Vancouver, et Kelowna, au cœur de la vallée de l’Okanagan.

Le classement indique que la région métropolitaine de recensement (RMR) de Trois-Rivières connaît une croissance démographique de 1,5 %, ce qui est relativement modeste, que le prix moyen des maisons est de 224 600 $ et que l’augmentation annuelle du prix d’une résidence moyenne est de 32,8 %. Le paiement hypothécaire mensuel est parmi les plus bas au pays, à 937 $, et le revenu annuel moyen nécessaire pour se payer une telle maison est aussi dans la fourchette basse à l’échelle nationale, à 48 866 $.

Sur les autres critères, Trois-Rivières marque des points parce qu’elle est à proximité d’un cours d’eau, mais en perd parce que la montagne n’est pas à la porte. Trois étoiles (sur cinq) pour le paysage, quatre pour la vie nocturne et le divertissement, trois pour les activités de plein air. La pondération de ces facteurs donne une impressionnante troisième position. RatesDotCa résume ainsi Trois-Rivières: une ville portuaire industrielle avec une culture, une histoire, des options de style de vie abondantes et des paysages à proximité pour une ville de cette taille.

Parmi les autres villes québécoises qui figurent dans le top 20, on note Québec (10e), Saguenay (17e), Salaberry-de-Valleyfield (18e) et Lachute (19e). Pas de trace de Shawinigan, de La Tuque ou de Victoriaville dans le top 150. Mais Drummondville se trouve au 102e rang.

Difficile de savoir ce que ça vaut, tout ça. Mais ça confirme une tendance déjà bien appuyée par les plus récentes données de l’Institut de la statistique du Québec concernant les migrations interrégionales au Québec. Trois-Rivières et la région tirent leur épingle du jeu comme elles l’ont rarement fait auparavant.

Les plus récentes données publiées par l’ISQ, en janvier, démontrent que la Mauricie et le Centre-du-Québec connaissent des augmentations significatives de leur population respective, essentiellement en raison d’un bilan migratoire interrégional positif et plus prononcé qu’au cours des dernières années.

Manifestement, de plus en plus de personnes font le choix de venir – ou de revenir – s’installer dans la région. La pandémie a exacerbé cette tendance, notamment en raison du télétravail qui s’est pratiquement généralisé. La situation a toutefois un impact sur le coût du logement, ce qui apparaît clairement dans le classement de RatesDotCa.

On se plaisait souvent à dire de la région qu’elle était un secret bien gardé. Le coût de la vie y est abordable, les services, commerces et loisirs sont tout à fait convenables, la nature se trouve à proximité, Montréal et Québec sont à moins d’une heure et demie de route, le cadre urbain est agréable, il n’y a pas vraiment de bouchons de circulation. La liste des avantages est bien garnie.

Et c’est probablement ce qui propulse la ville et son agglomération dans les positions de tête de palmarès sur la qualité de vie ou l’«habitabilité».