Louis Plamondon a été élu pour un 11e mandat.

Un pilier nommé Louis Plamondon

ÉDITORIAL/ C’est à la fois une marque de confiance et de respect que le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a eue pour Louis Plamondon, jeudi, en lui confiant le rôle de président du caucus de cette formation politique. Le doyen de la Chambre des Communes entreprend son onzième mandat comme député, une expérience qui pourra profiter aux nouveaux élus bloquistes aussi bien qu’aux députés réélus ou même au chef lui-même.

Louis Plamondon a déjà été président du caucus du Bloc québécois. C’est une fonction qu’il connaît bien et qui lui va comme un gant. L’homme est posé, rassembleur et inspire une certaine sagesse. À 76 ans, il est toujours animé de la même passion.

Une telle longévité politique relève de l’exploit. Élu pour la première fois en septembre 1984 sous la bannière du Parti progressiste-conservateur, il a quitté ce parti en 1990 pour siéger comme indépendant puis a participé à la création du Bloc québécois. Il a toujours été réélu sans grande difficulté.

Peu de députés peuvent espérer atteindre le plateau des trente-cinq ans de service à la Chambre des communes. Dans la députation actuelle, seul Lawrence MacAulay, avec presque 31 ans de service continu, joue dans les mêmes ligues que Louis Plamondon. Celui-ci se rapproche des records établis – notamment par Wilfrid Laurier – à une époque où il était plus facile de rester installé sur un siège de député tant qu’on le voulait.

Lundi dernier, Louis Plamondon a été élu avec 56 % des voix dans Bécancour–Nicolet–Saurel. Il revient ainsi à des scores électoraux semblables à ceux qu’il avait avant la vague orange de 2011. À ce moment, il avait été réélu avec un peu plus de 38 % des voix, soit moins de 1400 votes de plus que la candidate néo-démocrate inconnue de l’époque. En 2015, il n’avait pas non plus franchi la barre des 40 % mais sa majorité était revenue au-dessus des 8000 voix.

Doyen de la Chambre des Communes depuis 2008, Louis Plamondon deviendra certainement une référence pour les nouveaux élus qui devront tout apprendre de la politique. Ou presque. Dans la région, la nouvelle députée de Trois-Rivières, Louise Charbonneau, aura certainement besoin des conseils de son voisin d’en face sur la carte des circonscriptions.

Et peut-être que le voisin à l’ouest pourra aussi donner un coup de main. Même si les rouages des fonctions de député aux Communes sont encore méconnus pour le nouveau député de Berthier-Maskinongé, Yves Perron, l’homme a une bonne expérience politique, notamment comme président du Bloc québécois.

La résurgence du Bloc québécois repose beaucoup sur le chef, Yves-François Blanchet, qui a mené une campagne électorale sans faille. Aux débats en français, il a brillé et s’est élevé au-dessus de la mêlée. Il repose aussi sur l’habile récupération des impulsions nationalistes du toujours très populaire gouvernement de François Legault au Québec. Mais pour que cette résurgence devienne pérenne, il faut plus qu’un chef habile. Il faut des députés, des piliers comme Louis Plamondon, qui imposent le respect et qui assurent, parfois par leur seule présence, la conservation des valeurs intrinsèques et de la raison d’être d’un parti politique.

C’est ce que l’ex-chef Daniel Paillé avait appelé le «fondamental» du Bloc québécois en commentant l’éclatement du Bloc québécois, en février 2018. Selon lui, ce «fondamental» était resté dans les mains de Louis Plamondon, de Rhéal Fortin et des autres députés qui avaient claqué la porte du parti.

La beauté de la chose, c’est qu’en plus d’incarner encore, après presque trente ans, la raison d’être et la philosophie du Bloc québécois, il demeure un député proche des citoyens et sensible à ce qui se passe dans son milieu.

Et après avoir vu son parti perdre des plumes, voilà qu’il voit arriver de nouveaux collègues autour de lui. Il devra sans doute revêtir les habits d’enseignant qu’il avait dû abandonner en 1984 alors qu’il a été élu député pour la première fois...