Martin Francoeur
Les médias n’échappent pas aux bouleversements liés aux mesures sanitaires.
Les médias n’échappent pas aux bouleversements liés aux mesures sanitaires.

Un petit miracle chaque jour

ÉDITORIAL / En cette période d’urgence sanitaire et avec le déploiement de mesures visant à freiner la propagation du coronavirus, les médias d’information jouent un rôle essentiel pour tenir la population au courant des derniers développements, pour questionner les autorités politiques et sanitaires ou pour témoigner des gestes de solidarité qui sont mis de l’avant. Mais malgré le printemps qui vient d’arriver, les voilà une fois de plus au cœur d’une tempête qui les frappe de plein fouet.

Les médias n’échappent pas aux bouleversements liés aux mesures sanitaires. Les employés du Nouvelliste, par exemple, font pour la plupart du télétravail. Un défi de taille, quand on considère l’effervescence normalement observée dans les salles de rédaction. Le travail de coordination est énorme. Les enjeux technologiques sont majeurs. Et pourtant...

Et pourtant, il se produit un petit miracle chaque jour. L’information vous est livrée de façon complète dans chaque édition du journal et sur chacune de ses plateformes. Mieux encore, les développements en temps réel sont retransmis via nos applications mobiles et notre site web. Tout le monde y met du sien pour honorer l’engagement du Nouvelliste envers ses lecteurs et envers sa communauté de façon plus globale, même si le contexte économique est évidemment plus difficile.

Le Nouvelliste, comme les autres journaux et comme les autres médias d’information, offre un service essentiel en cette période tumultueuse pour tout le monde. Les médias dits «traditionnels» constituent un solide rempart contre une autre épidémie qui pourrait prendre des proportions énormes: celle de la désinformation.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, il circule énormément de fausses informations, notamment sur les réseaux sociaux. Remèdes douteux, faux conseils de médecins, théories du complot, vidéos détournées, graphiques inexacts: voilà autant d’exemples de manifestations de l’«ennemi» sournois. Heureusement, de plus en plus de citoyens développent des réflexes de vérification et de validation de l’information. C’est tout à leur honneur.

La propagation de fausses informations ou de rumeurs nuit aux efforts des autorités pour freiner la propagation et déployer les mesures appropriées. En quelques jours à peine, il a fallu freiner la circulation de vidéos virales, notamment sur un complot selon lequel le virus aurait été créé en laboratoire et breveté par l’Institut Pasteur, en France, ou encore sur l’enterrement d’animaux vivants en Chine. On a aussi vu passer de fausses prédictions de Nostradamus adaptées au goût du jour, et combien d’autres faux conseils de faux médecins sur les dispositions à prendre pour s’immuniser. L’imagination de ceux qui cherchent des clics ou qui sont en manque de sensationnalisme et de popularité n’a pas de limites.

Il y a quelques semaines à peine, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a sonné l’alarme sur la surabondance d’informations erronées ou douteuses à propos de la COVID-19. Les représentants de l’organisme ont appelé cette situation une «infodémie massive».

Viennent alors à la rescousse les médias traditionnels et les sites de vérification de faits qui vérifient les informations ou qui démontent plusieurs mythes, fausses nouvelles ou légendes urbaines.

Nous avons la chance d’avoir, au Québec et au Canada, des gouvernements qui tiennent en haute estime la valeur du journalisme et le rôle essentiel que jouent les médias. Rien à voir avec nos voisins du sud, dont le président rabrouait encore, vendredi, le réputé journaliste de NBC Peter Alexander, qui lui posait une question parfaitement pertinente. Chez nous, les autorités politiques sont conscientes du rôle que les médias jouent, particulièrement en temps de crise.

Et la beauté de la chose, c’est que de plus en plus de citoyens en sont aussi conscients. Dans ces circonstances, il est important de vous remercier pour cette confiance. Tout simplement.