Le premier ministre Philippe Couillard lors de l'annonce lundi.

Un pas dans la bonne direction

Intéressante, cette idée d’avoir choisi la Mauricie pour faire l’annonce des projets retenus et des investissements qui seront ainsi réalisés dans le cadre du programme Québec branché. Il était temps qu’on s’attaque avec sérieux aux lacunes en matière d’accès à Internet haute vitesse. L’enjeu est à ce point important qu’on peut presque comparer l’exercice à une nouvelle électrification rurale.

La collaboration entre Québec et Ottawa semble exemplaire en cette matière et mérite certainement d’être soulignée. Quelque 80 projets ont été retenus dans 14 régions du Québec. Ces projets représentent des investissements de 293,3 millions $. Là-dessus, Québec et Ottawa injecteront 105,9 millions $ chacun, finançant ainsi plus des deux tiers des investissements nécessaires.

Les critères des programmes Québec branché, du Gouvernement du Québec, et de Branché pour innover, du gouvernement fédéral, ont été arrimés. Les deux ordres de gouvernement ont travaillé en collaboration tout au long du processus.

Cette collaboration est essentielle pour s’attaquer efficacement au problème de desserte Internet.

Pourquoi? Parce que faciliter l’accès à la haute vitesse ne peut pas se faire par le biais d’un programme traditionnel. L’étude des dossiers soumis doit se faire au cas par cas.

Dans bien des cas, les subventions fédérale et provinciale viennent combler le manque à gagner d’une desserte trop coûteuse pour qu’un fournisseur de service l’assume par lui-même. Dans les régions rurales, le volume de clientèle est plus restreint, les infrastructures sont plus coûteuses parce que les résidences sont éloignées les unes des autres ou parce qu’il y a des contraintes géographiques. On comprend que les fournisseurs de service Internet ne peuvent trouver de rentabilité dans l’expansion de leurs réseaux vers ces régions.

Il y a presque un an, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) annonçait son intention de reconnaître l’accès à Internet comme étant un service essentiel et d’adapter sa réglementation en fonction de cette réalité. L’annonce venait avec une enveloppe initiale de 100 millions $, pour un total de 750 millions $ sur cinq ans. 

Québec avait annoncé ses couleurs quelques mois plus tôt, lors du discours sur le budget de mars 2016. La mise en place du programme Québec branché devait, espérait-on, donner un outil intéressant pour réduire le nombre de foyers québécois qui n’ont pas accès à Internet ou dont la connexion est médiocre. L’an passé, on estimait à 340 000 le nombre de foyers où c’est le cas. 

À l’heure où les municipalités cherchent à attirer ou à garder sur leur territoire de nouvelles entreprises ou de nouveaux arrivants, la connexion à Internet est un facteur qui influence considérablement cette capacité d’attraction ou la capacité de rétention des jeunes travailleurs. À ce propos, les projets annoncés lundi constituent d’excellentes nouvelles pour les milieux concernés.

Puisqu’il semble que les programmes s’arriment efficacement, il faudra s’assurer de regarnir les enveloppes quand ce sera nécessaire. Il faudra aussi ne pas laisser de côté les projets visant à améliorer les réseaux de téléphonie cellulaire. Enfin, il faudra éviter de faire de l’improvisation dans le déploiement tous azimuts de la fibre optique.

Il était grand temps qu’on sorte les régions rurales d’un grand désavantage dont elles étaient malgré elles victimes.