Un maire et son «pot»

C’est le cas de le dire, le maire Yvon Deshaies avait flairé la bonne affaire. La compagnie IsocanMed vient d’obtenir sa licence de production de cannabis thérapeutique de la part de Santé Canada, ce qui vient confirmer que Louiseville aura bel et bien son usine de cannabis destiné à des fins médicales.

C’est en mars 2016 que le maire Deshaies avait ouvertement manifesté son intérêt d’accueillir dans sa ville des promoteurs intéressés à produire du cannabis thérapeutique. Une sortie qui avait suscité quelques sourires à l’époque. Aujourd’hui, c’est le coloré politicien qui peut rire dans sa barbe.

C’est d’ailleurs la sortie publique d’Yvon Deshaies qui a permis aux investisseurs d’IsocanMed d’ajouter Louiseville sur leur liste d’une vingtaine de municipalités où ils pourraient démarrer leur projet. «On a choisi Louiseville pour cette ouverture, mais aussi à cause de la MRC de Maskinongé qui nous a aidés à trouver un terrain», explique l’un des hommes d’affaires impliqués dans le projet, Érik Bertacchini.

Il faut en effet saluer la concertation du milieu qui a facilité les démarches de la compagnie dans son délicat processus d’approbation auprès de Santé Canada. Pour des considérations de sécurité et d’éventuelle expansion, les promoteurs d’IsocanMed avaient besoin de beaucoup d’espace et les intervenants économiques de la région de Maskinongé les ont aidés à trouver le terrain idéal pour construire cette nouvelle usine de 65 000 pieds carrés. Un bel exemple de collaboration dont devraient s’inspirer plusieurs organisations économiques régionales.

Il faut également souligner l’audace des investisseurs qui ont quand même allongé des millions… avant même d’avoir reçu la bénédiction de Santé Canada! Et avis aux malfaiteurs, la sécurité sera maximale dans cette usine qui aura nécessité des investissements de 10 millions $. Clôtures de 10 pieds, des barbelés, des gardiens, des caméras, des fenêtres sécurisées… Ce sera vraiment plus simple pour eux d’aller en chercher à la SAQ ou au dépanneur!

Après une ultime inspection prévue dans les prochaines semaines, Louiseville deviendra donc la deuxième ville au Québec, après Gatineau, à produire du cannabis thérapeutique et, déjà, cette annonce suscite beaucoup d’enthousiasme dans une région qui a bien besoin de ce genre d’électrochoc économique. D’ailleurs, plusieurs citoyens auraient déjà manifesté leur intérêt à intégrer cette équipe d’une cinquantaine d’employés qui devrait commencer la production au printemps. Une production qui devrait atteindre les 10 tonnes dès la première année d’activités.

Et ce n’est qu’un début: les instigateurs du projet parlent déjà d’une potentielle expansion pouvant aller jusqu’à… 500 000 pieds carrés! Il faut dire que le marché du «pot» thérapeutique est en plein essor. De plus en plus de spécialistes attribuent à ce produit des valeurs apaisantes et médicales. Juste du côté des Anciens combattants, le nombre de vétérans à obtenir une autorisation pour consommer du cannabis thérapeutique est passé de 1762 en 2015 à 6365 en 2017. Il y a donc un potentiel économique fort intéressant dont pourrait bénéficier, à court ou moyen terme, l’usine de Louiseville.

Précisons que cette production thérapeutique n’a rien à voir avec celle récréative qui alimentera Monsieur et Madame Tout-le-Monde à la suite de la légalisation de la marijuana prévue en juillet prochain. Est-ce que cet autre marché pourrait permettre à Louiseville de voir encore plus grand dans le monde de la production du cannabis? Chose certaine, la ville d’Yvon Deshaies sera assurément parmi les mieux positionnées au Québec lorsque viendra le temps d’assumer la lucrative et toujours croissante production de cannabis.

Rira bien…