Louis Caron vient de se voir décerner l’Ordre de la Pléiade.

Un hommage pleinement mérité

ÉDITORIAL / L’auteur Louis Caron vient de se voir décerner l’Ordre de la Pléiade. Ce n’est certes pas la première distinction qu’il reçoit, mais c’est certainement une des plus prestigieuses. Et la beauté de la chose, c’est qu’il en a été décoré ici même, dans la région.

C’est une belle initiative que celle du comité des Journées internationales de la Francophonie de tenir cette remise de prix à Trois-Rivières. La section canadienne de l’Association parlementaire de la Francophonie a accepté que l’événement se tienne en dehors de la capitale fédérale pour une deuxième fois. C’est d’autant plus symbolique de tenir à Trois-Rivières une cérémonie visant à honorer un grand homme de lettres étroitement associé au Centre-du-Québec, où il a longtemps habité, et à la Mauricie, où il a travaillé, notamment comme journaliste pour Le Nouvelliste.

En 2015, la section canadienne de l’Association parlementaire de la Francophonie avait fait de même en tenant à Trois-Rivières la cérémonie de remise de l’Ordre de la Pléiade à Fred Pellerin, Bryan Perro et Albert Millaire.

D’autres personnalités de la région ont été décorées de l’Ordre de la Pléiade au fil des ans, aussi bien par la section canadienne que la section québécoise de l’Association parlementaire de la Francophonie. Parmi celles-ci, on retrouve Gaston Bellemare, Clément Duhaime, Pierre Chastenay, Jacques Lacoursière, de même que les anciennes députées Sylvie Roy – aujourd’hui décédée – et Francine Gaudet.

L’Ordre de la Pléiade a été créé en 1976 pour reconnaître les mérites éminents des personnalités qui se distinguent en servant les idéaux de la Francophonie. Aujourd’hui, les différents grades de l’Ordre sont décernés en fonction de propositions formulées par les sections ou par le Secrétariat général, à de nombreuses figures politiques et artistiques de l’espace francophone.

Le choix de Louis Caron était presque naturel pour l’obtention de cette distinction. Déjà chevalier de l’Ordre national du Québec et récipiendaire de nombreux prix – dont le Prix France-Québec et le Prix Ludger-Duvernay –, il est un de ces écrivains qui ont raconté la grande et la petite histoire du Québec et qui ont enraciné leurs écrits dans le Québec des régions.

On doit à Louis Caron une œuvre riche, dominée certainement par Le Canard de bois, un roman historique qui a permis de redonner à la rébellion des patriotes une place de choix dans la mémoire collective des Québécois. L’adaptation de cette œuvre en série télévisée – sous le titre Les Fils de la liberté – lui a permis de goûter à la scénarisation pour la télévision, un exercice qu’il a repris au milieu des années 80 pour la populaire série Lance et compte, avec Réjean Tremblay.

Ses plus récents écrits portent sur sa propre famille, presque une dynastie de grands architectes. Les Caron ont laissé dans le paysage québécois – particulièrement au Centre-du-Québec et en Mauricie – plusieurs bâtiments importants, dont plusieurs églises.

L’hommage rendu à Louis Caron est pleinement mérité. Mais il met aussi en lumière une belle initiative visant à rapprocher de tels événements protocolaires de la population. Le député de Trois-Rivières à la Chambre des Communes, Robert Aubin, qui siège au comité de la section canadienne de l’Association parlementaire de la Francophonie, n’y est certainement pas étranger.

Cela devrait servir d’exemple pour d’autres cérémonies ou événements «nationaux» qui auraient avantage à se déplacer et partir à la conquête des régions.