Sonia LeBel, ministre de la Justice et députée de Champlain, Marc Benoit, du Regroupement en éducation populaire autonome de la Mauricie, et Jean Boulet, ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières.

Un geste significatif

ÉDITORIAL / Il y a certainement des dirigeants, des coordonnateurs et des travailleurs de plusieurs organismes communautaires qui ont dû pousser un soupir de soulagement, vendredi, alors que le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, annonçait une bonification de près de 11 millions $ pour le soutien à ces organismes. En pleine période de vacances estivales, alors que la plupart de ces organismes ne prennent pas de pause, cette annonce arrive comme une brise rafraîchissante.

Le ministre Boulet, qui avait choisi de faire son annonce dans sa circonscription de Trois-Rivières, a confirmé que son gouvernement augmentait sa participation dans le financement des organismes communautaires par le biais de quatre interventions distinctes. Pour rétablir l’équité en matière de soutien aux organismes de défense collective des droits, le gouvernement injecte 6,7 millions $ que se partageront 252 organismes. Pour soutenir de nouveaux organismes de défense collective des droits, le gouvernement accorde 2,7 millions $. Près de 300 000 $ serviront à mieux soutenir les corporations de développement communautaire et, enfin, 1,1 million $ servira à assurer la croissance de la masse salariale pour 320 organismes.

C’est d’ailleurs sur le plan des ressources que l’enveloppe bonifiée risque d’avoir le plus de répercussions et c’est tant mieux.

Pour répondre adéquatement aux besoins de la population, les organismes communautaires ont souvent besoin de bras, d’employés, de chargés de projet, d’agents et de ressources de toutes sortes. Dans un secteur où, traditionnellement, les salaires ne sont pas très élevés, il devient difficile d’attirer des travailleurs, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

Il y a quelques mois, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, des organismes de la région avaient manifesté pour que le gouvernement investisse dans le réseau public et le milieu communautaire. On réclamait alors, entre autres choses, de meilleures conditions de travail pour les intervenants du milieu communautaire.

Il est difficile, pour les organismes communautaires, d’échapper au roulement de personnel en raison des salaires et des conditions de travail souvent moins avantageuses que dans la plupart des autres secteurs d’activité. Cela peut souvent avoir un impact sur la qualité des services aux personnes bénéficiant de l’intervention de ces organismes, de même que sur le développement d’une expertise stable au sein de ceux-ci.

Une récente étude, présentée par la Coalition des tables régionales d’organismes communautaires, démontrait que les conditions salariales offertes dans le communautaire ne favorisent pas la fidélisation et la rétention de la main-d’œuvre. Cette enquête salariale des organismes communautaires québécois qui œuvrent en santé et services sociaux révélait aussi que les salaires moyens varient entre 12 $ et 26,34 $ l’heure, selon la fonction, pour un travail à temps plein, ce qui rend la concurrence avec les autres secteurs difficile. Également, le caractère précaire des emplois – souvent dépendants du maintien de programmes gouvernementaux – les rend certainement moins attrayants que bien des emplois permanents ou plus stables.

La richesse du communautaire, c’est l’engagement sans faille de ses travailleuses – largement majoritaires – et travailleurs, leur formidable capacité à réaliser de grandes choses avec peu, leur indéfectible solidarité et leur impact réel sur la vie de monsieur et madame Tout-le-monde. Il est toujours louable de voir le gouvernement, principal bailleur de fonds de ces organismes, augmenter son soutien envers ceux-ci pour leur permettre de mieux faire encore ce qu’ils font déjà admirablement.

On oublie souvent que le communautaire est aussi un secteur majeur de notre économie. Il représente chaque année un budget de fonctionnement de 1,2 milliard $ et génère une masse salariale de 660 millions $.

Ça mérite certainement de la considération.