Martin Francoeur

Un comité et plus encore

ÉDITORIAL / Les mesures de déconfinement et de redémarrage de l’économie se mettent en branle lentement mais sûrement au Québec. Partout on cherche des moyens d’encourager les commerces et les entreprises locales, de relancer les activités industrielles et les relations d’affaires, de sauver ce qu’on peut encore sauver sur le plan touristique, culturel ou événementiel. Trois-Rivières fait plutôt bonne figure depuis le début de la crise et c’est en bonne partie grâce à son bras de développement économique, IDE Trois-Rivières. La récente mise en place d’un comité de relance est d’ailleurs une initiative prometteuse. Une autre. À condition, comme le veut l’expression consacrée, que les bottines suivent les babines.

Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, même s’il a été frappé directement et hâtivement par la crise de la COVID-19, multiplie les outils, développe des programmes, initie la concertation et se mêle aussi de solidarité en ces temps difficiles. Dans la mesure de ses pouvoirs et dans les limites de son mandat, avec les outils et les fonds dont l’organisme dispose. Il faut saluer cette énergie rapidement déployée.

Le nouveau comité de relance aura donc du pain sur la planche au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Dix-sept personnes siègent au sein de ce comité et on y retrouve des acteurs incontournables de l’activité économique: des entrepreneurs, des représentants de la Ville et du cabinet du maire, des intervenants des secteurs culturel et touristique, notamment. Leur mandat est de trouver des idées et des actions à mettre en place afin de minimiser les impacts de la crise actuelle pour le milieu économique de la ville.

On a ratissé large pour la formation de ce comité mais on semble avoir oublié tout le secteur de l’économie sociale de même que le réseau communautaire. Pourtant, dans la crise que nous traversons, c’est un des secteurs qui s’est le plus rapidement placé en mode action et en mode solution pour venir en aide aux personnes dans le besoin. La recette des organismes aurait certainement pu inspirer le comité de relance. Heureusement, on a pris soin de créer des sous-comités, dont un dédié aux commerces de proximité et à l’économie sociale. Mais ç’aurait été un bon signal d’avoir quelqu’un de ce milieu au sein du comité, d’autant plus qu’il s’agit d’un secteur d’activité plutôt effervescent à Trois-Rivières.

La Ville de Trois-Rivières, avantageusement représentée au sein de ce comité, aura aussi une réflexion à faire sur les moyens qui s’offrent à elle pour redonner un peu de vigueur à l’économie locale.

Dans un texte d’opinion qu’il a récemment signé dans Le Nouvelliste, l’ex-conseiller municipal et ancien candidat à la mairie, Jean-François Aubin, suggérait des pistes intéressantes pour relancer l’économie trifluvienne d’un point de vue municipal. Un des volets de sa réflexion portait sur l’investissement dans les infrastructures. L’administration municipale aurait tout intérêt à se pencher sur la pertinence de devancer certains grands travaux inscrits au programme triennal d’immobilisations. Par exemple, ne pourrait-on pas aller de l’avant avec des chantiers comme la rénovation de la salle J.-Antonio-Thompson – surtout qu’on ne sait pas encore quand elle pourra rouvrir en raison des mesures de distanciation – ou celui de la réfection de la piscine du parc de l’Exposition? Des travaux majeurs sur différentes artères de la ville pourraient aussi être devancés. Et on pourrait accélérer le chantier de l’île Saint-Quentin. Il y en a d’autres, sans doute.

À l’heure où les gouvernements fédéral et provincial crachent des milliards pour contrer les effets de la crise, les gouvernements municipaux, bien que ne pouvant pas faire de déficits budgétaires, peuvent bien s’engager dans des travaux qu’il aurait fallu faire de toute façon. Idéalement avec un levier favorisant le recours aux services de soumissionnaires locaux.

Là-dessus, la Ville pourrait assumer un leadership différent de celui déjà brillamment déployé par sa société de développement économique.