Martin Francoeur
Karine Petitclerc-Lapointe, la coordonnatrice de Revitalisation des quartiers Saint-Marc–Christ-Roi.
Karine Petitclerc-Lapointe, la coordonnatrice de Revitalisation des quartiers Saint-Marc–Christ-Roi.

Un combat de tous les instants

ÉDITORIAL / Revitalisation des quartiers Saint-Marc–Christ-Roi a lancé un cri du cœur, plus tôt cette semaine, pour réclamer un soutien financier gouvernemental stable et récurrent. Offrant plusieurs services dans un secteur qui en a bien besoin, cet organisme – comme bien d’autres – vit au gré des subventions et des programmes d’aide financière. Pourtant, il a fait ses preuves et mérite certainement un peu de stabilité.

Un organisme comme celui-là, dans un secteur comme celui formé des quartiers Saint-Marc et Christ-Roi, à Shawinigan, c’est essentiel. Ça joue des rôles que d’autres organismes ne jouent pas ou refusent de jouer, faute de moyens ou de ressources.

C’est d’abord une maison de répit, un service qui offre une pause aux parents qui ont besoin de refaire leurs énergies en assurant un service de gardiennage chapeauté par des éducateurs qualifiés. En prime, ce service permet de briser l’isolement et de soutenir positivement les parents et leurs enfants dans l’acquisition d’habiletés personnelles et sociales.

L’organisme voit aussi au bon fonctionnement d’un comité de parents bénévoles en action, qui organise des activités sociales. Il est aussi responsable du projet Aînés en mouvement, qui s’adresse aux personnes de 50 ans et plus qui se sentent démunies ou dont les capacités physiques diminuent, et d’un projet intergénérationnel axé sur le partage.

Mais voilà que tout ça pourrait tomber si le ministère de la Famille n’intervient pas avec une aide financière. La nouvelle coordonnatrice de l’organisme, Karine Petitclerc-Lapointe, sonne l’alarme.

Et voilà qu’elle se fait reprocher, par la députée de Laviolette–Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, d’avoir attendu trop longtemps avant de le faire. C’est très malhabile de la part d’une députée qui devra pousser le dossier pour qu’une aide soit versée.

Les intervenants du secteur communautaire et de l’économie sociale sont habitués à fonctionner presque au jour le jour, avec un ravitaillement qui vient souvent à la dernière minute. La responsable de l’organisme, Karine Petitclerc-Lapointe, s’est défendue en mentionnant qu’elle préférait sonner l’alarme maintenant plutôt que d’attendre passivement la fermeture pure et simple, quelque part au printemps prochain.

La députée Tardif doit prendre le bâton du pèlerin et faire la tournée de ses collègues ministres pour trouver une planche de salut pour cet organisme. Il est nécessaire de soutenir adéquatement cet organisme et particulièrement sa maison de répit. Un tel service, dans un secteur essentiellement peuplé de locataires à faible revenu, permet certainement d’éviter des drames familiaux.

Si on a jugé bon, il y a une quinzaine d’années, d’appuyer financièrement la création de cet organisme et de sa maison de répit, on devrait s’assurer de pouvoir maintenir un soutien financier adéquat et pérenne. Il est impensable d’exiger d’un tel organisme l’atteinte d’une autonomie financière.

D’ailleurs, le type de financement instable et souvent minime n’est pas étranger à l’instabilité qui semble avoir caractérisé l’organisme au cours des dernières années. Il y a eu du mouvement au conseil d’administration et dans le personnel de gestion. Ce n’est pas étonnant. Si on ne peut pas assurer une rémunération correcte aux personnes qui assurent le fonctionnement sur une base quotidienne, on doit s’attendre à ce que tout soit souvent à refaire.

Le pire, c’est que l’organisme ne demande pas la mer à boire. D’abord une reconnaissance du ministère de la Famille, ensuite une aide annuelle de 150 000 $ pour assurer le maintien des services offerts. Il n’est pas normal, comme l’a fait remarquer la coordonnatrice, que Shawinigan ne soit toujours pas desservie par un organisme communautaire Famille.

C’est une situation qui doit être corrigée rapidement. Les statistiques démographiques et socio-économiques de Shawinigan sont assez éloquentes pour justifier le maintien des activités d’un tel organisme.