La question du bien-être animal, qui continue à susciter de vifs débats, est maintenant abordée dans le bilan de l’événement.

Un bilan presque parfait

ÉDITORIAL / L’organisation du Festival western de Saint-Tite vient de présenter le bilan de sa 51e édition et c’est sans grande surprise qu’on peut observer, une fois de plus, l’importance de l’événement pour l’économie de la municipalité et de la région. La surprise, c’est que la question du bien-être animal, qui continue à susciter de vifs débats, est maintenant abordée dans le bilan de l’événement. Mais il faudra faire plus que simplement aborder la question.

Évoquer cette préoccupation est déjà un signe que les organisateurs du Festival ont à cœur la perception de la population et le maintien d’une bonne image de marque. Mais il faudra aller plus loin pour atténuer les critiques des défenseurs de la santé et du bien-être des animaux. Leur cause jouit de beaucoup de visibilité et il est clair que le sujet reviendra dans les discussions et les médias à chaque édition à venir du Festival et de ses rodéos.

Bien sûr on attend toujours le rapport du comité consultatif du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation chargé, entre autres, de déterminer si la pratique des rodéos constitue une forme de mauvais traitement envers les animaux. Le rapport est attendu au printemps.

Mais d’ici là, l’organisation du Festival a jugé bon de rappeler que les rodéos font l’objet de protocoles rigoureux, qu’il y a une équipe médicale vétérinaire présente en tout temps, que les lois et règlements mis en place par le MAPAQ sont respectés. On réitère que la santé des animaux est au cœur des valeurs de l’organisation. Mais ça, on le savait déjà.

Le Festival western a beaucoup joué la carte de l’ouverture et de la transparence et c’est tout à son honneur. Malgré cela, les critiques fusent toujours. Le problème n’est pas dans les efforts déployés par l’organisation du Festival ni dans l’encadrement des rodéos. Il se trouve plutôt dans la pratique même de certaines épreuves qui causent un stress inapproprié chez les animaux. On a déjà évoqué, par exemple, la prise de veau au lasso et le terrassement du bouvillon.

Ce serait déjà un pas dans la bonne direction si on sacrifiait ces épreuves pour s’assurer de maintenir la présentation des rodéos à Saint-Tite. D’autres rodéos, ailleurs au pays et aux États-Unis, l’ont fait. Au rodéo de Cloverdale, près de Vancouver, on a laissé de côté certaines disciplines parmi les plus controversées depuis qu’un veau est mort en 2007. L’achalandage a augmenté et les protestations se sont beaucoup atténuées.

Les rodéos, il faut le rappeler, constituent la marque distinctive du Festival. Sa quintessence. Et c’est pour ça que des gestes devront être posés pour s’assurer de pouvoir les maintenir dans la programmation.

Sans les rodéos, le Festival western n’afficherait certainement pas un bilan aussi enviable sur le plan économique. Même si la clientèle du Festival est avant tout québécoise, les visiteurs étrangers ont un impact considérable. Leurs dépenses moyennes sont estimées à 309 $ par visiteur. Cela représente 3,8 millions $ d’argent frais. Pour les gouvernements, l’événement génère des recettes fiscales de 12,8 millions $. Dans son ensemble, le Festival génère des retombées évaluées à 45 millions $.

Pour poursuivre sa tradition d’excellence et assurer sa pérennité, le Festival doit s’adapter aux changements philosophiques qui apparaissent dans une société. Sans vouloir faire de mauvais jeux de mots, ce n’est malheureusement plus suffisant de montrer patte blanche.

Il faut prendre le taureau par les cornes et poser un geste fort.