Trois-Rivières au 352e rang

Trois-Rivières a l'habitude de faire belle figure dans les palmarès mesurant l'indice de bonheur ou la satisfaction relative des citoyens quant à leur qualité de vie. C'est probablement pour ça qu'on peut certainement s'étonner du plus récent classement des communautés canadiennes où il fait bon vivre, établi par MoneySense, qui place la cité de Laviolette au 352e rang.
La méthodologie employée par MoneySense - une publication web consacrée à l'économie et au style de vie - peut laisser perplexe. À commencer par l'intégration, cette année, de plus de 200 nouvelles villes ou municipalités, ce qui vient fausser toute comparaison avec les éditions précédentes du palmarès.
Mais pour faire un petit rappel, Trois-Rivières était au 159e rang l'an passé, sur 219 communautés. En 2015, la ville était 118e sur 209. Un an plus tôt, elle était à mi-chemin du peloton, avec un 101e rang sur 201 villes. La meilleure performance de Trois-Rivières remonte à 2011, avec un 67e rang sur 180 communautés.
Shawinigan faisait encore plus piètre figure, se retrouvant souvent en queue de peloton: 157e rang en 2011, 164e en 2012, 192e en 2014, 213e l'an passé et 410e sur 417 cette année. Parmi les 200 nouvelles communautés ajoutées pour cette 14e édition du palmarès, on retrouve La Tuque, au 388e rang.
Le problème majeur, c'est qu'on met dans un même paquet des villes de 2 millions d'habitants, de 150 000 habitants ou de 9000 habitants. Comment peut-on raisonnablement tenir compte, par exemple, des avantages du transport en commun quand on compare des villes qui ont un réseau de métro et d'autobus aux dix minutes avec d'autres qui sont en pleine campagne, sans transport collectif?
Le classement de MoneySense se base sur des pointages attribués aux villes selon neuf grands critères: l'économie locale et l'emploi, les revenus et la richesse, le coût du logement, les taxes, le transport collectif, l'accès aux soins de santé, la criminalité, l'accès à la culture, ainsi que... la météo. Chacun des critères est évalué par le biais de différentes statistiques disponibles, allant des frais de garderie au pourcentage de crimes violents, en passant par le nombre de médecins par 1000 habitants,le pourcentage de personnes employées dans les arts, la culture, les loisirs et les sports, ou encore le nombre de jours où la température est supérieure à 20 degrés Celsius.
Les auteurs de l'étude prennent soin de mentionner qu'«il n'y a aucun moyen de mesurer les aspects intangibles d'une ville qui lui confèrent une personnalité et la rendent agréable, comme la qualité de ses restaurants, la proximité de la famille ou les beaux couchers de soleil». C'est pourquoi ils insistent sur le fait que leur palmarès se concentre sur ce qui peut être mesuré pour trouver des villes où il fait bon vivre.
Il est là le problème: on utilise de nombreuses données mesurables, mais difficilement comparables. 
Au cours des dernières années, le classement de MoneySense a fait l'objet de nombreuses critiques, notamment quant à la validité de certaines statistiques. Certains élus municipaux ont contesté les méthodes utilisées pour calculer la charge fiscale ou la valeur des propriétés. 
On le sait que les villes de la Mauricie ne sont pas des capitales de l'emploi. On sait aussi que le revenu disponible par habitant est parmi les plus bas. Mais est-ce que ça en fait des milieux moins agréables pour vivre? Moins agréables en tout cas qu'au moins 350 autres endroits au pays? 
Bien sûr que non.