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Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur

Trois-Rivières sait aussi attirer les jeunes

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ÉDITORIAL / On savait déjà que Trois-Rivières avait un fort pouvoir d’attraction auprès des retraités qui viennent ou qui reviennent s’y établir. Mais ce qu’on observe depuis quelques années, c’est qu’elle est aussi attrayante pour les jeunes familles. Et plus particulièrement du côté des millénariaux, si on se fie à un classement des meilleures villes canadiennes pour la génération Y, qui vient d’être publié et qui place Trois-Rivières au dixième rang au pays.

Le palmarès en question a été réalisé par Point2, un portail international de recherche immobilière, qui produit des recherches et des analyses du marché immobilier en Amérique du Nord. Les résultats sont souvent présentés dans les principales publications médiatiques aux États-Unis et au Canada.

Il faut lire avec une certaine prudence les résultats de classements du genre. Point2 n’est ni une firme de sondage ni un institut de recherche. C’est une firme qui livre des produits et des analyses de marketing. Un peu comme RatesDotCa, qui avait publié, en mars dernier, un classement des villes selon l’«habitabilité» et qui propulsait l’agglomération trifluvienne au troisième rang canadien des meilleurs endroits pour vivre.

Cette fois, la ville décroche une dixième position dans le palmarès canadien des villes attrayantes pour les millénariaux, ces hommes et ces femmes âgés de 25 à 40 ans environ. Parmi les villes québécoises considérées pour ce classement, il n’y a que Québec (1er rang) et Lévis (7e) qui devancent Trois-Rivières. Sherbrooke, Gatineau et Saguenay occupent respectivement les 15e, 16e et 17e places. Montréal et Laval viennent aux 34e et 35e rangs, Repentigny et Terrebonne sont respectivement 63e et 64e. Drummondville vient au 74e rang.

À l’échelle nationale, outre Québec et Lévis, on retrouve dans le «top 10» des villes comme Ottawa, Kingston, Halifax, St. John’s, New Westminster, Victoria et Waterloo.

Pour en arriver à dresser un tel classement, Point2 a examiné les données disponibles pour les 85 plus grandes villes du Canada par population. Pour chaque ville, on a analysé neuf critères différents qui sont attrayants pour les millénariaux: revenu annuel, prix de vente moyen d’une maison de référence, taux de chômage, satisfaction à l’égard de la vie, taux de criminalité, soins de santé, climat, niveau d’éducation (le pourcentage de la population titulaire d’un baccalauréat) et le pourcentage de millénariaux dans la population totale. Chaque ville a reçu une note pour chacun des critères et c’est à partir de ce calcul qu’a été établi le score total d’attractivité, qui permettait de situer les villes dans le classement global.

Les données utilisées par Point2 proviennent de Statistique Canada pour les taux de chômage, la satisfaction de vie des millénariaux, la criminalité, l’éducation, le pourcentage de 25-40 ans au sein de la population totale et le revenu médian. Les données concernant les soins de santé, le climat et l’immobilier viennent d’agences ou d’associations spécialisées.

Il semble que les dernières années ont été marquées par des changements considérables dans ce que recherchent les millénariaux. L’accès plus facile à la propriété hors des grands centres explique en partie la migration vers les villes de plus petite taille ou carrément vers des milieux ruraux. La proximité de la nature, notamment pour y pratiquer des sports et des activités de plein air, y est sans doute pour quelque chose aussi.

En fait, dans leur recherche de la maison idéale, d’une ville où il fait bon vivre et d’un endroit parfait pour travailler et élever une famille, les millénariaux semblent de plus en plus délaisser les grandes villes. Toronto, Vancouver, Montréal, Calgary et Edmonton sont toutes en dessous de villes comme Trois-Rivières, Lévis ou Kingston dans le classement.

Les endroits les plus recherchés par les jeunes professionnels représentent un mélange entre des logements abordables, des options de style de vie qui favorisent une grande satisfaction ou un bien-être personnel, de faibles taux de criminalité, un climat agréable et un bassin de personnes partageant des idées et des valeurs semblables.

Le classement de Point2 vient, en tout cas, confirmer la tendance selon laquelle Trois-Rivières semble devenir une ville attrayante pour des travailleurs qui souhaitent s’établir en dehors de grandes régions métropolitaines du Canada.

Dans l’analyse faite par les représentants de Point2, Trois-Rivières arrive même au premier rang dans deux critères. D’abord, la ville fait belle figure en ce qui a trait au coût du logement, avec un prix de 174 500 $ pour une résidence unifamiliale moyenne. Sur les 85 villes de l’étude, douze ont, à l’opposé, franchi le cap du million de dollars dans ce facteur d’analyse.

Étonnamment, l’autre catégorie où Trois-Rivières trône en tête du palmarès est celui, plutôt subjectif, de la satisfaction à l’égard de la vie. Une sorte d’indice de bonheur pour millénariaux, qui se base sur plusieurs facteurs d’analyse et qui cherche à mesurer le niveau de satisfaction des millénariaux à l’égard de leur mode de vie.

La ville obtient aussi un bon classement en ce qui a trait aux soins de santé (6e sur 85) et au taux d’emploi (14e sur 85). On n’aurait jamais pu dire ça il y a dix ou vingt ans.

Le visage de Trois-Rivières change. Non seulement sur le plan statistique, mais aussi sur le plan humain. Il suffit de se promener en ville et de fréquenter quelques commerces récemment ouverts pour constater que cette génération de millénariaux, notamment ceux qui débarquent de Montréal, par exemple, est bien présente dans le paysage urbain. Ils achètent des immeubles dans les premiers quartiers. Ils consomment du café équitable. Ils ont leur panier de la ferme ou fréquentent les marchés publics. Ils télétravaillent et sont des consommateurs culturels aussi bien que des amateurs de plein air. Le kayak et le paddle-board ne sont jamais loin.

On dira ce qu’on voudra, mais c’est une bonne nouvelle que de voir Trois-Rivières capable d’attirer des jeunes adultes. C’était déjà un tour de force de faire revenir ou d’attirer des retraités en quête d’une agréable qualité de vie, mais pour la mixité démographique et le dynamisme économique, l’autre bout du spectre des générations est aussi intéressant.