Trois-Rivières garde le rythme

Il y a une dizaine d’années, le maire Yves Lévesque et l’ancien directeur général de la Ville, Michel Byette, n’hésitaient pas à illustrer la hausse de population depuis la création de la nouvelle ville de Trois-Rivières en disant que cela équivalait à l’ajout d’une «septième» municipalité. On parlait alors d’une population qui avait grimpé de 126 000 à 130 000 habitants, ce qui, en effet, s’apparente à la population d’une petite municipalité.

En 2018, la marche est encore plus haute lorsqu’on fait la comparaison avec le moment de la fusion, il y a seize ans. Si le maire et les hauts fonctionnaires voulaient garder l’image de l’ajout d’une septième entité, il leur faudrait probablement parler, maintenant, de l’équivalent de l’ajout d’une ville. Parce qu’entre la population de janvier 2002 et celle de janvier 2018, il y a plus de 10 000 habitants de différence.

C’est majeur. Et si on peut en partie expliquer cette hausse par l’accroissement naturel ou par la migration intrarégionale, il faut aussi reconnaître qu’elle est également due aux efforts de la Ville pour attirer des nouveaux arrivants, des nouveaux travailleurs ou des nouveaux retraités.

Le plus récent décret de population du gouvernement du Québec fixe la population trifluvienne à 137 026 habitants. C’est 1008 habitants de plus qu’à pareille date l’année dernière. C’est surtout 10 588 habitants de plus qu’au 1er janvier 2002, date officielle de la création de la nouvelle ville de Trois-Rivières.

Le décret de population est un outil gouvernemental qui établit la population des villes et municipalités du Québec à chaque début d’année. Le décret est basé sur les plus récentes données démographiques provenant de l’Institut de la statistique du Québec, qui fournit chaque année au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire les informations nécessaires pour chacune des localités du Québec. Pour 2018, le décret a été adopté le 13 décembre par le conseil des ministres et a été publié dans la Gazette officielle du Québec du 27 décembre dernier. Les chiffres sont en vigueur depuis le 1er janvier.

Ce qu’il y a d’intéressant, dans la performance de Trois-Rivières sur le plan démographique, c’est que la ville se démarque de certaines de ses semblables, qui affichent une croissance moins forte ou qui enregistrent carrément une diminution de la population.

Les villes de Saguenay et de Sherbrooke, particulièrement, voient leur population diminuer par rapport à l’année dernière. À Saguenay, la population passe de 145 365 habitants en 2017 à 144 888 habitants en 2018. À Sherbrooke, elle passe de 166 633 à 165 859 habitants. Même Lévis, habituée aux hausses soutenues et constantes, voit sa population croître, mais de façon moins significative que celle de Trois-Rivières. À Lévis, la hausse n’est que de 729 habitants, la population passant de 145 454 à 146 183 habitants.

Si elle maintient la cadence, Trois-Rivières pourrait devancer Saguenay et peut-être même Lévis dans le palmarès des villes les plus peuplées du Québec d’ici une décennie. Trois-Rivières occupe depuis plusieurs années le neuvième rang.

Trois-Rivières a su déjouer bien des prévisions, notamment sur le plan de la construction résidentielle ou sur le plan démographique. Dès la création de la nouvelle ville, des efforts ont été déployés pour rajeunir les infrastructures, améliorer l’offre de services, les loisirs, les plateaux sportifs, les événements. Des outils ont été mis en place pour rendre la ville plus attrayante, pour diversifier l’économie. C’est tout ça qui commence à porter fruit dans le bilan démographique.