Taxe scolaire: bonne nouvelle pour la région

On ne pourra pas reprocher au premier ministre François Legault de ne pas avoir la volonté de donner suite à certains de ses engagements électoraux les plus marquants. Ce désir de déposer rapidement un projet de loi visant à diminuer et à uniformiser la taxe scolaire en est un bel exemple. On doit saluer cette intention, qui soulagera certainement une majorité de contribuables de la région.

On l’a dit et répété à de maintes reprises lors de la dernière campagne électorale: la Mauricie est parmi les régions où les comptes de taxes scolaires sont parmi les plus élevés au Québec.

Le précédent gouvernement avait déjà fait un bout de chemin avec son projet de loi 166 en unifiant la taxe scolaire selon les régions. Dans certains coins du Québec, une telle mesure faisait l’affaire. Mais la Mauricie, même si ses contribuables avaient droit à une baisse de leur compte de taxes scolaires, restait encore pénalisée.

Même uniformisé à 0,31 $ par tranche de 100 $ d’évaluation, le taux de taxation des commissions scolaires du Chemin-du-Roy et de l’Énergie était trois fois plus élevé que celui en vigueur dans les Laurentides, par exemple. L’équité intrarégionale, défendue par le gouvernement libéral, était bel et bien une catastrophe et c’est à cela que le gouvernement Legault veut remédier.

Les députés de la CAQ ont dénoncé sans relâche l’injustice flagrante dont sont victimes les contribuables de la Mauricie et du Centre-du-Québec. L’exemple de Sainte-Anne-de-la-Pérade et de Deschambault-Grondines demeure encore très puissant. Pour illustrer l’absurdité de la situation, on insistait sur le fait que le propriétaire d’une résidence moyenne à Sainte-Anne-de-la-Pérade payera environ 700 $ de taxes scolaires annuellement à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. À moins de vingt minutes de là, un contribuable de Deschambault-Grondines avec une maison moyenne payera 300 $ de taxes scolaires à la Commission scolaire de Portneuf.

La CAQ, qui a talonné les libéraux sur cette question d’iniquité et qui a fait de l’instauration d’un taux unique une de ses promesses phares de la dernière campagne, veut donc ramener tout le monde au même taux.

C’est le ministre des Finances, Éric Girard, qui a confirmé mercredi que le projet de loi sur ce sujet allait être une des premières actions législatives menées par le gouvernement en vue de réduire le fardeau fiscal des contribuables. On n’est évidemment pas dans les grands projets de société ou les grands bouleversements. On est plutôt en train de remplir une promesse – un peu populiste, disons-le – faite pour aller chercher des votes dans les régions pénalisées.

Mais c’est honorable de vouloir y donner suite rapidement.

Ce n’est pas d’hier que la CAQ veut s’en prendre à la taxe scolaire. En 2014, on voulait tout simplement l’abolir, comme on voulait aussi abolir les commissions scolaires.

Cette fois, on entend plutôt ramener à 0,10 $ par tranche de 100 $ d’évaluation le taux de taxation, et ce, sur une période de quatre ans. Cela représente, pour le gouvernement, un manque à gagner de 700 millions $. Le problème, avec les coûts liés à un aplanissement et à un abaissement de la taxe scolaire, c’est que les sommes ainsi consacrées par le gouvernement pour absorber les pertes ne sont pas consacrées à la réussite des élèves ou aux services qu’ils reçoivent.

Mais au moins, les contribuables de la Mauricie et du Centre-du-Québec seront, enfin, traités équitablement par rapport à leurs voisins de plusieurs autres régions.