Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur

Tarification progressive rime avec progrès

ÉDITORIAL / L’accouchement aura été pénible mais la révision du système de tarification des stationnements sur rue au centre-ville de Trois-Rivières est pleine de bon sens.

Elle est surtout la démonstration qu’il est possible d’atteindre des consensus sur des sujets qui alimentent le débat parfois depuis plusieurs années.

En choisissant d’opter pour une tarification progressive au coeur du centre-ville, là où la perception se fait au moyen des horodateurs, la Ville effectue un changement de cap qui devrait permettre de favoriser un meilleur roulement dans l’utilisation des espaces sur rue. C’est un souhait que formulaient plusieurs commerçants, notamment.

La tarification actuelle au centre-ville favorisait parfois l’utilisation d’espaces de stationnement pour une longue période, dans certains cas pour la journée entière, par certains travailleurs notamment. Bien que sporadique et difficile à évaluer de façon précise, ce comportement avait comme principal impact de réduire le nombre de stalles accessibles pour la clientèle des commerces, établissements ou institutions du centre-ville.

Le comité formé de représentants de la Ville et de l’organisme Trois-Rivières Centre a formulé une recommandation selon laquelle on créera deux zones distinctes pour le stationnement payant. Au cœur du centre-ville, on instaure une tarification progressive qui implique une réduction du tarif de base pour la première heure (de 1,50 $ à 1 $) mais une augmentation pour les heures subséquentes. La deuxième heure coûtera 2 $ et les heures subséquentes, 3 $. En périphérie, là où on trouve plutôt des parcomètres, le tarif horaire sera réduit à 1 $ sans variation.

Les automobilistes qui veulent garer leur véhicule pour une plus longue période de temps seront certainement plus tentés d’aller vers ces zones, ce qui laisserait vraisemblablement plus d’espaces pour les clients devant se stationner pour une plus courte période.

C’est un scénario qui se tient et qui, surtout, permet de maintenir une bonne part des revenus de stationnement au centre-ville, revenus qui varient entre 1 million $ et 1,5 million $ annuellement. La gratuité totale, que certains souhaitaient peut-être, aurait privé la Ville de ces revenus et aurait entraîné des mesures de contrôle pour s’assurer que les espaces n’allaient pas être monopolisés par les travailleurs. Une gratuité partielle en fonction des jours de la semaine ou de certaines plages horaires aurait potentiellement créé de la confusion.

Pour compenser la réduction du tarif horaire, le scénario prévoit l’élargissement de la période tarifaire de 9 heures (au lieu de 9 h 30) à 18 h (au lieu de 17 h). La gratuité est maintenue pour les soirs et les fins de semaine. Les mesures, doit-on le rappeler, ne concernent que le stationnement sur rue et ne s’appliquent pas aux parcs de stationnement municipaux que sont l’Autogare, le stationnement Badeaux ou le stationnement du parc portuaire.

En attendant l’entrée en vigueur de cette nouvelle grille de tarification, la Ville maintient la gratuité du stationnement sur rue jusqu’au 19 octobre. Cette mesure, rappelons-le, avait été décrétée dès les premières semaines du confinement lié à la pandémie de COVID-19 afin de favoriser les commerçants toujours ouverts au centre-ville.

Le débat sur la tarification, quant à lui, date d’il y a beaucoup plus longtemps au conseil municipal, où le consensus a toujours semblé difficile à obtenir. Mais en assoyant autour d’une même table des représentants de la Ville et de sa société de développement commercial (Trois-Rivières Centre) avec des objectifs qui consistaient à favoriser le roulement des véhicules stationnés et à maintenir une source de revenus, il ne suffisait que d’un peu de bonne volonté pour y arriver.

Ça fait du bien de voir que c’est encore possible au sein du conseil municipal. Parce que les dernières semaines tendent à démontrer que les couteaux y volent plutôt bas.