STTR: une transition difficile

ÉDITORIAL / Les intentions de la Société de transport de Trois-Rivières dans la préparation et le déploiement de son nouveau réseau étaient sans doute bonnes. Mais force est de constater que les stratégies de consultation et de communication ont été déficientes. Et que le résultat est loin de satisfaire les usagers.

Il faut préciser qu’il ne s’agissait pas, ici, de changements mineurs pour modifier certains circuits. On a complètement redessiné le réseau de transport public, déplacé des terminus, modifié des intervalles de passage. L’exercice a nécessité deux ans de préparation et a certainement des incidences sur le quotidien de plusieurs citoyens qui comptent sur ce service pour leurs déplacements.

Curieusement, ce n’est qu’à la toute fin du processus qu’on a tenu des assemblées de consultation. Ou plutôt d’information. Les usagers qui y ont participé ont dit avoir l’impression qu’ils étaient devant le fait accompli. Plusieurs ont dénoncé ces changements.

Gâchis, fiasco, amateurisme... les commentaires n’ont pas été tendres dans les médias, notamment dans ces pages d’Opinions, mais aussi, et surtout, sur les réseaux sociaux. Rares ont été, jusqu’à maintenant, les commentaires positifs.

Pourtant, la STTR a déployé des efforts considérables, ces dernières années, pour améliorer son service. Les moyens technologiques, notamment les SMS pour les horaires ou encore le calculateur d’itinéraire, sont des initiatives qui méritent d’être saluées.

Mais dans la redéfinition de ses circuits, il y a des irritants qui soulèvent des questions.

À de nombreuses reprises, le président et le directeur général de la STTR ont dû justifier certains choix qui ont été faits pour le positionnement des arrêts: le déplacement du terminus du centre Les Rivières vers l’UQTR, l’accès au centre commercial depuis des arrêts situés le long du boulevard Rigaud ou du boulevard des Forges, l’absence d’autobus passant devant le Collège Laflèche, notamment.

La STTR, malgré le déploiement d’un service d’accompagnement par des agents facilitateurs, doit maintenant gérer une transition qui éprouve des ratés, comme en témoignent les retards dans l’enlèvement des panneaux d’arrêts là où les autobus ne passent plus.

Une triste histoire survenue vendredi dernier aurait pu prendre une tournure dramatique, n’eût été l’intervention d’un citoyen. Un homme âgé a attendu pendant plus d’une heure un autobus à un arrêt qui n’est plus desservi. L’homme, qui se déplaçait avec une canne, n’était pas au courant qu’il y avait de nouveaux trajets. Il se fiait à la présence d’un panneau indiquant que le circuit n° 1 passait à cet endroit. Comme n’importe qui aurait pu le penser. La direction de la STTR a indiqué que ce cas était une exception. Mais peut-être que d’autres cas semblables sont survenus et qu’ils n’ont tout simplement pas eu de retentissement dans les médias.

Le citoyen qui est intervenu dénonce, avec raison, le manque de communication dans cette laborieuse période de transition. Une consultation efficace en amont aurait permis de réduire les irritants des dernières semaines.

Ce n’est certainement pas une mauvaise idée que celle lancée par Hélène Gauron, qui souhaite voir naître un comité citoyen permanent, qui pourra faire valoir les droits des personnes plus vulnérables, comme les personnes âgées. Même s’il y a déjà des représentants des usagers au sein du conseil d’administration de la STTR, il s’agirait d’un outil efficace pour que les usagers puissent encore mieux se faire entendre.

Déjà, la STTR semble un peu plus ouverte aux modifications et aux ajustements. Lundi, la société de transport dressait un bilan positif de l’entrée en vigueur du nouveau réseau, tout en rappelant qu’elle était toujours en «observation» et en «rodage». Du même coup, on lançait l’invitation aux personnes ayant des préoccupations ou interrogations à l’égard du nouveau réseau de communiquer avec la STTR.

Montrer un peu de sensibilité n’est pas une mauvaise idée. Maintenant, il faudra démontrer une réelle ouverture et une volonté de répondre adéquatement aux besoins exprimés.