Le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque

Souhaitons que ça dure

Si les quelque soixante-dix assemblées publiques du conseil municipal de Trois-Rivières se déroulent dans une ambiance semblable à celle qui régnait à l’hôtel de ville lundi dernier, alors on pourra dire que la dynamique est bel et bien en train de changer au conseil. Tout repose sur l’ouverture dont fera preuve le maire Yves Lévesque, lui qui en aura vu de toutes les couleurs au cours des dernières années.

Pour amorcer ce nouveau mandat, le maire s’est montré bon joueur, notamment après la réunion informelle que les conseillers et conseillères ont organisée pour mesurer les intérêts de chacun en prévision de la formation des comités, des groupes de travail et de la désignation de représentants de la Ville auprès de différents organismes.

Le maire a plutôt bien réagi à cette initiative. Cela peut sembler banal, mais il démontre ainsi qu’il est sensible à la nouveauté, qu’il est disposé à écouter son conseil municipal. Cette impression, on ne l’a pas eue souvent au cours des dernières années.

Il faut dire que le maire n’aura sans doute pas le choix d’être à l’écoute de ceux qui l’entourent à la table du conseil. Plus que jamais auparavant, les conseillers ont insisté sur leur indépendance et sur le fait qu’ils ne souhaitaient pas s’aligner systématiquement d’un côté ou de l’autre. Il faudra certainement les surveiller eux aussi quant à ces déclarations.

Chose certaine, le mandat 2017-2021 semble commencer du bon pied. Les mandats confiés aux quatorze conseillers sont considérables, eux qui doivent déjà représenter un plus grand nombre de citoyens à la suite du redécoupage de la carte électorale.

Il faudra, éventuellement, se questionner sur cette charge de travail qui incombe aux conseillers. Certains cumulent cinq, six ou sept comités qui siègent à intervalles variables. Ajoutons à cela les représentations publiques lors d’événements de toutes sortes, plus les dossiers du conseil en tant que tel, plus le traitement des dossiers ou des demandes émanant de leur district et ça donne un horaire passablement chargé. 

Les élus d’aujourd’hui ne sont plus exclusivement des retraités qui avaient beaucoup de temps à consacrer aux affaires municipales. Ce sont aussi des travailleurs, des jeunes mamans ou de jeunes papas qui doivent concilier travail, famille et politique municipale. Bien sûr, s’ils ont choisi de briguer les suffrages, c’est qu’ils estimaient avoir la disponibilité pour remplir la fonction, mais il faut aussi leur faciliter la tâche.

Avec la défaite, le 4 novembre dernier, de quelques conseillers de longue date, il a soufflé sur le conseil un vent de jeunesse et de renouveau. À part Ginette Bellemare, qui hérite de la fonction de mairesse suppléante sans grande surprise, tous les conseillers autour de la table en sont à un premier ou un deuxième mandat. Ça donne un conseil qui compense le manque d’expérience par une volonté ferme de changer certaines façons de faire et une disposition à relever les défis.

Il fallait, pour commencer, nommer des habitués au comité exécutif. On ne sait pas si c’est un hasard, mais ce sont finalement quatre conseillers provenant de districts situés à l’est de la rivière Saint-Maurice qui le composent. Quant aux autres comités, on a tenu compte des affinités et des intérêts des conseillers, ce qui augure plutôt bien.

Il faudra voir si tout le monde navigue à l’aise dans cet univers, nouveau pour plusieurs. Mais s’il y en a un qui a l’expérience de la navigation, parfois même en eaux troubles, il faut reconnaître que c’est bien Yves Lévesque. Aurait-il déjà saisi le message que la population lui a envoyé lors de la dernière élection, en lui confiant un cinquième mandat mais en rebrassant vigoureusement les cartes parmi les conseillers?

Jusqu’à maintenant, on dirait que c’est le cas. Souhaitons que cette bonne volonté, cette ouverture et cette écoute durent le plus longtemps possible.