Il convient de donner un coup de chapeau à tous les intervenants et de tourner notre coeur vers les sinistrés. Les moyens et les façons de le faire ne manquent pas.

Solidarité et compassion

Il y a quelque chose de rassurant et d'apaisant dans toutes ces images de solidarité qui nous parviennent dans le contexte actuel des inondations qui frappent différentes régions du Québec.
Malgré l'ampleur de la tragédie, de telles images nous rappellent que le Québec sait qu'en se retroussant les manches, il est capable de passer à travers bien des épreuves.
Jusqu'à maintenant, il faut admettre que cette «crise» des inondations a été bien gérée par les différents intervenants qui sont concernés. Sur le terrain, les pompiers et les policiers ont rapidement pris les mesures pour assurer la sécurité des résidents.
Les administrations municipales ont promptement décrété l'état d'urgence, ce qui est nécessaire dans les circonstances pour assurer une rapidité et une efficacité dans les opérations. Et le récent appel à l'aide lancé aux forces armées était aussi un geste approprié dans les circonstances. 
Au sein de la population, la résilience des résidents touchés, jumelée à la volonté d'agir de la part de citoyens qui ne sont pas directement touchés, donne des résultats impressionnants. La force de l'entraide et de la solidarité fait une fois de plus ses preuves. Les mobilisations ont été nombreuses, spontanées. Les renforts arrivent de partout et c'est certainement très apprécié. 
C'est peut-être du côté de la classe politique, surtout du côté provincial, que l'intervention a été la plus correcte et la plus mesurée dans les circonstances. 
Depuis le début de la crise - parce qu'il faut bien appeler ça une crise -, le premier ministre Couillard et certains de ses ministres se sont imposés en figures rassurantes et crédibles, avec juste ce qu'il faut de compassion et de sensibilité.
Martin Coiteux, à la Sécurité publique, s'est rapidement imposé en trouvant le ton juste pour à la fois rassurer les citoyens, témoigner de la solidarité du gouvernement et démontrer un certain contrôle sur la situation et sur la coordination des mesures d'urgence. 
C'est souvent dans des tragédies que des figures émergent. Lucien Bouchard et André Caillé avaient brillé pendant la crise du verglas. Pauline Marois avait trouvé le ton juste et le geste approprié dans les jours qui ont suivi la tragédie de Lac-Mégantic.
Le défi est grand en situation d'urgence ou de drame à grande échelle. Les politiciens doivent éviter d'en faire trop, histoire de ne pas avoir l'air opportunistes ou de faire de la récupération politique, et ils doivent éviter surtout de ne pas en faire assez et de passer ainsi pour des sans-coeur au-dessus du drame que vit une grande partie de la population.
Cette juste mesure n'est pas toujours évidente à trouver. Pensons à la crise de l'autoroute 13, il y a quelques semaines à peine. Visiblement, certains ont tiré les leçons qu'il fallait.
Au provincial comme au fédéral, on a pris soin de mettre de côté la partisanerie politique, ce qui s'imposait dans les circonstances. Au municipal, c'est une autre histoire en certains endroits.
Ce qui importe, ici, c'est de souligner la collaboration efficace et la coordination des différents intervenants. 
Les bilans viendront bien assez vite. Une fois l'intervention d'urgence passée, plusieurs chercheront des cibles pour les critiques, remettront en question les différents gestes posés. Mais pour l'instant, il convient de donner un coup de chapeau à tous les intervenants et de tourner notre coeur vers les sinistrés. Les moyens et les façons de le faire ne manquent pas.