Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur
Cette période de Noël est une belle occasion de prendre une pause et de faire le plein pour les mois qui viennent.
Cette période de Noël est une belle occasion de prendre une pause et de faire le plein pour les mois qui viennent.

Serein Noël, chers lecteurs

Article réservé aux abonnés
ÉDITORIAL / C’est tout de même étrange. Je me sens honnêtement incapable de vous souhaiter un «joyeux» Noël. Je sais que l’expression est pourtant consacrée et qu’elle est devenue une formule de politesse autant que l’expression de vœux sincères, mais cette année, Noël sera tout sauf joyeux pour bon nombre d’entre nous.

En temps normal, le 25 décembre, sa veille et son lendemain sont synonymes de rassemblements familiaux, d’accolades avec des parents, des petits-enfants, des amis, des beaux-frères, des nièces. Des jeux animés entre petits cousins et petites cousines. Des parties de cartes ou des jeux de société en famille ou entre amis. Des réjouissances au réveillon, autour d’une table de douze ou quatorze personnes. On le sait, cette année, rien de tout cela ne sera possible dans cette mesure.

Cela ne doit pas nous empêcher de passer un bon Noël. Un Noël chaleureux. Un Noël reposant.

Ce Noël, je vous le souhaite serein.

Oui, il faut une bonne dose de sérénité et de résilience pour passer un temps des Fêtes comme celui qu’on traverse cette année. D’abord parce que les neuf derniers mois – et un peu plus – n’ont pas été faciles. En fait, ils nous ont confrontés à l’inconnu, à l’instabilité. À la peur, aussi.

Peur d’être infecté par le virus ou de voir un proche en être infecté. Peur de ne pas réussir à conjuguer travail à la maison et obligations familiales. Peur de perdre son emploi. Peur de voir notre santé mentale s’effriter peu à peu. Ce sont toutes des craintes bien légitimes.

Mais ce que nous avons accompli collectivement au cours des derniers mois mérite qu’on s’en félicite et surtout qu’on s’encourage à ne pas baisser les bras. Dans une société où l’individualisme et le consumérisme orientent les comportements de plusieurs, il est bon de voir qu’on a pu faire un bout de chemin cette année en pensant davantage à la collectivité. Et si nous avons quelquefois maugréé ou oublié certaines mesures sanitaires, cela démontre que nous sommes humains. La modulation de nos comportements, même à vingt, quarante ou quatre-vingts ans, n’est pas une mince affaire.

Mais tout cela ne devrait que nous rendre plus fiers d’avoir tenu le coup jusqu’à maintenant.

Bien sûr, nous n’avons pas fini de mesurer les conséquences de cette pandémie, tant sur le plan économique que sur le plan social. L’organisation du travail, de la vie en société, le rapport aux loisirs et à la culture, les façons de voyager, d’apprendre, de communiquer, de magasiner, tout cela risque fort de subir les contrecoups de cet épisode qui s’étire. Quoi qu’il en soit, si une situation semblable se reproduit, on peut au moins avoir l’espoir, voire la conviction qu’on y serait mieux préparé.

Cette période de Noël est une belle occasion de prendre une pause et de faire le plein pour les mois qui viennent. Parce que le combat est loin d’être terminé. Et la pire chose à faire serait de céder à la tentation du laisser-aller pour toutes sortes de raisons. Dorlotons plutôt notre santé mentale et prenons soin de celle de nos proches qui sont seuls. Faisons-nous plaisir. Faisons-leur plaisir. Encourageons-nous.

Encourageons-nous en nous rappelant qu’il y a un peu plus de neuf mois, alors qu’on commençait à peine à parler des conséquences de cette pandémie, on évoquait que la mise au point d’un vaccin pouvait prendre un an, voire dix-huit mois. Et pourtant... En date du 23 décembre, plus de 7000 personnes, au Québec, ont déjà reçu le vaccin. C’est une avancée considérable. On peut dire sans trop se tromper qu’on a assisté à un véritable exploit scientifique.

Il y a un peu plus de lumière à l’horizon, malgré les chiffres qui sont toujours extrêmement préoccupants. Mais en adoptant des comportements responsables, on peut éviter la surcharge des hôpitaux et l’essoufflement des hommes et des femmes qui y œuvrent.

Sur ce, qu’il me soit permis de vous souhaiter, chers lecteurs, un Serein Noël.

Même si ça sonne tout croche, ça vient du cœur.