Le maire Michel Angers était souvent agacé quand les journalistes lui faisaient remarquer que la stratégie de présentation du budget ne permettait pas de faire des comparaisons qui se tiennent ou ne disaient carrément pas les vraies choses. Voilà qu’il semble avoir instauré une nouvelle façon de faire qui est beaucoup plus digne d’une ville de la taille de Shawinigan.

Sans extravagance, avec transparence

ÉDITORIAL / Le budget 2020 de la Ville de Shawinigan ne passera pas à l’histoire sur le plan financier. C’est un budget rigide, réaliste et sans extravagance. Mais il pourrait bien marquer une nouvelle ère dans la transmission de l’information par les autorités municipales.

On ne reconnaît plus les façons de faire souvent dénoncées, même dans ces colonnes, qui étaient de mise lorsque venait le temps de faire avaler la pilule du budget et de la hausse des taxes à Shawinigan.

Au cours des dernières années, les autorités shawiniganaises ont tenté, à quelques reprises, de jouer avec les chiffres pour présenter les hausses de taxes sous un jour plus favorable. Moins brutal. L’exemple le plus frappant est celui du budget de 2019, alors que la Ville se félicitait de baisser les taxes foncières de 0,19 % alors que dans les faits, en tenant compte des diverses tarifications, l’augmentation moyenne était de 4,2 %.

Au cours des années précédentes, on avait aussi joué avec la tarification pour le contrôle des insectes piqueurs en la soustrayant du jeu des comparaisons avec les années précédentes.

Rien de cela cette année. Au contraire. Même la présentation visuelle des éléments du budget et du règlement de taxation est conviviale et facilement compréhensible. Il semble bien que la Ville de Shawinigan, ses élus et ses fonctionnaires, aient opéré un changement de cap important dans la transmission de l’information. On laisse de côté les embellissements de relations publiques et la fâcheuse tendance à jouer avec les chiffres aussi bien que sur les mots. Ça mérite d’être souligné et d’être salué.

Le maire Michel Angers était souvent agacé quand les journalistes lui faisaient remarquer que la stratégie de présentation du budget ne permettait pas de faire des comparaisons qui se tiennent ou ne disaient carrément pas les vraies choses. Voilà qu’il semble avoir instauré une nouvelle façon de faire qui est beaucoup plus digne d’une ville de la taille de Shawinigan. L’entrée en fonction d’Yves Vincent à la direction générale, en début d’année, n’est peut-être pas étrangère à cette volonté d’être plus transparent.

Confrontée à des dépenses en hausse et à la baisse des revenus de péréquation, Shawinigan a fait un travail minutieux pour limiter les impacts de cette réalité sur le compte de taxes des contribuables. La hausse moyenne est de 2,24 %, comparable à la hausse de l’indice des prix à la consommation.

En plus des augmentations de coûts attribuables aux salaires et aux assurances, la Ville fait face à une hausse des coûts liés au déneigement. Le conseil municipal a décidé d’ajouter 1,6 million $ à cet item pour 2020, portant le montant total à 9,6 millions $. La Ville ne veut plus revivre les épisodes de grogne qu’elle a vécus ces dernières années.

Dans les autres facteurs qui font varier le budget de la Ville, on note la contribution pour la gestion des matières recyclables, en hausse de 40 %, soit 47,50 $ au lieu de 34 $. Il s’agit d’une conséquence d’une hausse de tarification de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, qui implique une contribution supplémentaire de 653 925 $ de la Ville de Shawinigan, soit 87 % de plus comparativement à l’année en cours. Dans ces circonstances, la Ville a pu limiter l’impact pour le contribuable.

Enfin, il est bon de souligner que Shawinigan joue de prudence dans son programme triennal d’immobilisation (PTI). Après avoir fait face à deux projets majeurs en matière d’infrastructures – l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement des eaux dans le secteur Lac-à-la-Tortue –, la Ville n’a pas de gros projets coûteux dans ses cartons, du moins pas à court terme.

Shawinigan déploie beaucoup d’efforts pour se sortir de sa fâcheuse position économique et démographique. Il faudra voir comment réagiront les contribuables – particulièrement ceux du secteur Lac-à-la-Tortue –, à qui on semble – à Shawinigan comme dans bien d’autres villes – en demander toujours un peu plus.