Sans éclat, mais toujours pertinent

ÉDITORIAL / Les chefs des quatre principaux partis ont offert une performance à la hauteur des attentes sans qu’un véritable vainqueur se dégage de ce débat somme toute assez poli, assez lisse.

Sur le plan de la forme, Philippe Couillard s’est servi de son expérience, a adopté un ton posé et a su bien doser la rigueur académique et la sensibilité. Jean-François Lisée était solide dans ses arguments, mais trop agressif et parfois impoli dans ses interventions. Sur la défensive, François Legault n’a pas fait de faux pas mais ne s’est pas révélé comme le premier ministre qu’il aspire à être dans trois semaines. Mention honorable à Manon Massé, qui a su parler avec authenticité et sensibilité, sur un ton qui rejoint les gens. Elle aurait eu un parcours presque parfait si ce n’eût été de son dernier commentaire plate et maladroit, à la toute fin du débat, sur le fait qu’elle a eu moins de temps de parole parce qu’elle était une femme.

Si on regarde les sujets qui trouvent le plus de résonance dans la région, le débat nous a démontré que la santé trouve toujours sa pertinence dans les discussions, surtout lorsqu’il est question des temps d’attente et de l’accès aux soins. La région n’échappe pas à ces préoccupations.

La question de l’immigration et de l’intégration des nouveaux arrivants est aussi un enjeu majeur chez nous, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Là où cette question prend toute son importance, c’est lorsqu’on considère la nécessité d’attirer davantage d’immigrants en région.

Enfin, la région ayant une forte concentration d’entreprises agricoles, la question de la gestion de l’offre a sans doute aussi retenti un peu plus dans les zones rurales.

Peut-on parler d’un moment fort de ce débat? Les questions du public étaient très pertinentes et elles méritent une mention, même si les chefs passaient parfois à côté des enjeux soulevés.

Sur le plan des échanges, l’environnement et les changements climatiques ont donné lieu à de bons échanges. Même si Manon Massé a parlé des «mesurettes» annoncées par les trois autres chefs, on a quand même pu percevoir le degré de sensibilité aux signaux d’alarme en matière environnementale.

Autre moment fort: celui où MM. Lisée et Couillard se sont accusés l’iun l’autre sur le «monopole de la compassion» et sur le «déficit de compassion» lorsqu’ils ont été interpellés par une citoyenne qui parlait des soins en CHSLD.

Le débat de jeudi soir ne passera pas à l’histoire comme étant le plus éclatant ni le plus vicieux. Mais un tel exercice demeure pertinent et suffisamment éclairant pour faire un choix averti le 1er octobre.