Gerry Rochon

Salut Gerry!

ÉDITORIAL / Ce n’est pas un simple citoyen qui s’est éteint en ce 13 juin 2019. C’est la mémoire sportive de toute une région qui vient de disparaître. Un homme toujours de bonne humeur, toujours prêt à donner un coup de main, qui laisse un vide immense derrière lui.

C’est à l’émission Tous pour un, dans les années 90, que Gerry Rochon est devenu une véritable vedette au Québec. Il fallait le voir, un crayon de plomb à la main pour maximiser sa concentration, répondre avec assurance à toutes les questions sur l’histoire de la LNH.

Une véritable machine qui est rapidement devenue la référence dans les médias québécois quand il était temps d’aborder les grands moments de l’histoire du sport. La LNH et le Canadien de Montréal ont notamment fait appel à lui.

Il fallait le voir arriver au journal, d’un pas dynamique, en interpellant les journalistes avec ses questions.

«Celle-là, c’est un quotient de difficulté de 3.5 sur 5», lançait-il avec sa légendaire moue signifiant qu’il s’agissait d’une question quand même pas trop difficile.

Bien souvent, personne n’avait la réponse. Et c’était mieux comme ça: la satisfaction d’une bonne réponse n’avait rien de comparable à celle de l’entendre créer la généalogie de sa propre réponse en multipliant les détails et les mises en contexte. Cet homme, on pouvait l’écouter des heures et des heures.

Mais Gerry Rochon était plus qu’un homme de statistiques. C’est en le côtoyant de plus près qu’il a été possible de découvrir, derrière cette véritable encyclopédie sportive, un homme attachant, de principes, de famille, soucieux des détails et toujours disponible pour mettre en valeur ceux qui ont marqué l’histoire du sport.

Pendant plusieurs années, il s’est d’ailleurs impliqué au sein de la Corporation Sport-Hommage, du Temple de la renommée sportive de la Mauricie et dans le comité des Amis du Grand Prix de Trois-Rivières. Pour Gerry Rochon, comprendre le présent nécessitait une bonne connaissance du passé. Une valeur qui se perd en cette époque de la rapidité et de l’instantanéité.

On ne le dérangeait jamais. On avait une question: on l’appelait et il nous répondait.

S’il n’était pas sûr de son coup, il allait voir dans ses «archives» pour nous rappeler un peu plus tard.

On pouvait même le voir débarquer au journal, feuilles maladroitement griffonnées en main, pour nous faire un portrait global et précis du sujet touché par notre simple petite question. Un homme de détails, disait-on.

D’ailleurs, Gerry Rochon gardait toutes ses notes. Il doit en avoir des boîtes et des boîtes. Espérons que celles-ci seront récupérées et qu’elles seront numérisées pour les générations futures.

Ces notes sont une véritable mine d’or pour l’histoire du sport en région.

Il faut évidemment s’attendre à un concert d’éloges à la suite du grand départ de Gerry Rochon.

L’Université du Québec à Trois-Rivières, où il a travaillé pendant plusieurs années, devrait évidemment honorer la mémoire d’un de ses plus célèbres employés. La Ville de Trois-Rivières devrait également trouver une façon de perpétuer son nom.

Le Grand Prix va assurément lui trouver une place quelque part, il aura son trophée à Sport-hommage et il sera finalement intronisé au Temple de la renommée.

Des hommages bien mérités qu’il n’aura malheureusement pas eu la chance de déguster de son vivant.

Espérons qu’il y a un petit trou dans les nuages à travers duquel il peut constater qu’on l’appréciait beaucoup et qu’il va nous manquer.

Il y a des hommes irremplaçables dans la vie et Gerry Rochon en fait partie.