On peut se demander ce qui motive vraiment ces organisations qui veulent discréditer le travail de spécialistes qui organisent et supervisent des rodéos depuis maintenant cinq décennies. Besoin de publicité? Défi scolaire pour éprouver une nouvelle loi? Allez savoir.

Rodéo: allez donc voir!

Il faut résister à la tentation de ridiculiser la démarche du professeur de l'Université de Montréal et ses étudiants qui viennent de déposer une injonction pour interdire la tenue d'un rodéo dans le cadre des Fêtes du 375e de Montréal.
Évitons aussi de traiter de «snobs urbains» ces 22 000 personnes qui ont signé une pétition pour empêcher la présentation de l'événement prévu du 24 au 27 août. Il faut cependant admettre que toute cette saga relève de l'acharnement, de l'hermétisme et de la méconnaissance volontaire.
En fait, que connaissent-ils des rodéos tous ces détracteurs? Ont-ils seulement déjà assisté à un programme encadré par les professionnels du Festival western? La réponse est non. Chose certaine, ils n'ont jamais contacté les dirigeants de Saint-Tite pour avoir plus d'information ou pour aller voir sur le terrain comment ça se passait. C'est plus facile de maintenir un argumentaire fragile quand on ne veut pas entendre les réponses à nos questions...
Le professeur de l'Université de Montréal et ses étudiants appuient leur démarche sur la nouvelle loi sur la sécurité animale adoptée par Québec en 2015. Le groupe universitaire parle «d'anxiété et de souffrance excessives».
Avant eux, la Société de la prévention de la cruauté envers les animaux avait aussi dénoncé le traitement des animaux durant les rodéos. Le professeur Alain Roy, de la faculté de droit de l'Université de Montréal, fait même un parallèle avec le droit des enfants qui a évolué au fil des époques. Franchement.
À Saint-Tite, les rodéos sont religieusement encadrés. Des vétérinaires inspectent les animaux avant et après les compétitions. Des représentants du MAPAQ et de la Société protectrice des animaux de la Mauricie vont régulièrement faire leur tour et jamais de recommandations négatives n'ont été émises pour critiquer le traitement réservé aux bêtes qui participent aux épreuves de rodéo.
Que faut-il de plus? Il y a bien un vétérinaire, un compétiteur ou un inspecteur, tous des amoureux des animaux, qui serait déjà monté aux barricades si les bêtes étaient réellement victimes de cruauté.
On peut se demander ce qui motive vraiment ces organisations qui veulent discréditer le travail de spécialistes qui organisent et supervisent des rodéos depuis maintenant cinq décennies. Besoin de publicité? Défi scolaire pour éprouver une nouvelle loi? Allez savoir.
Chose certaine, les dirigeants du Festival western de Saint-Tite se passeraient assurément de toute cette mauvaise presse en cette année de 50e anniversaire. Avec du recul, ils doivent même un peu regretter d'avoir accepté l'invitation du NomadFest et de la firme TKNL, qui produit l'événement, d'organiser ce rodéo montréalais.
Ils doivent maintenant se présenter en cour pour défendre leur crédibilité. Non seulement cet épisode leur coûtera des milliers de dollars en avocats, mais il pourrait également avoir de graves répercussions sur le Festival western et les rodéos professionnels présentés à travers le Québec. On peut même envisager la fin des rodéos en province si un juge donne raison aux représentants de l'Université de Montréal.
Il faut espérer que la cour ne prendra pas au sérieux des gens qui n'ont même pas la décence d'aller voir ce qu'ils critiquent aussi gravement. D'ailleurs, ces personnes devraient plutôt profiter du fait qu'un rodéo sera présenté en sol montréalais pour aller évaluer de plus près ce qu'y vivent les animaux. Allez voir!
Vous serez d'ailleurs accueillis à bras ouverts. Prenez des photos, parlez aux vétérinaires, aux organisateurs, aux spectateurs. Regardez les bêtes, regardez si elles saignent, si elles boitent, si elles ont l'air traumatisé. Après ça, si vous êtes encore convaincus que les rodéos doivent être rayés de la carte, vous serez justifiés et, surtout, vous aurez en main toutes les informations pertinentes pour les contester en toute connaissance de cause.