Les candidats Jean Lamarche et Jean-François Aubin se livrent une chaude lutte dans la course à la mairie de Trois-Rivières.

Rien n’est encore joué

ÉDITORIAL / Décidément, il y a du suspense dans cette course à la mairie de Trois-Rivières. Bien malin celui qui pourrait prédire avec assurance l’issue de cette campagne électorale, surtout avec la publication, lundi matin, du plus récent sondage Mainstreet Le Nouvelliste. L’écart s’est à ce point resserré entre Jean-François Aubin et Jean Lamarche qu’on peut dire qu’ils sont au coude à coude. Place au dernier sprint, où on dirait bien, malheureusement, que tous les coups sont permis.

On l’a vu au cours des deux dernières semaines. La belle campagne d’idées, d’engagements, de propositions et de vision à laquelle on assistait depuis l’entrée en scène des principaux prétendants à la mairie a été quelque peu mise en veilleuse. Les candidats ont profité des débats et de leurs activités de presse pour faire un peu de politique de ruelle: dénigrement, attaques, étalage de manœuvres ou d’échecs passés, pluie de commentaires sur les réseaux sociaux. On revient aux vieilles méthodes de faire de la politique.

C’est dommage parce que jusque-là, les principaux candidats se livraient à un exercice singulier et fort intéressant: présenter leur vision de la ville et de son développement. Dans un contexte où le maire précédent avait été réélu sans interruption depuis la création de la ville, cela devenait un processus auquel se rattachait naturellement une étiquette de nouveauté et de pertinence.

Malgré les récents écarts de conduite, il faut bien faire un constat: peu importe lequel des trois principaux prétendants accédera à la mairie dimanche prochain, Trois-Rivières sera entre bonnes mains. Les principaux aspirants ont tous du jugement, du gros bon sens, une volonté de travailler en équipe.

Le plus récent coup de sonde de Mainstreet démontre que l’écart entre les deux meneurs s’est resserré. Jean Lamarche a vu ses appuis dans les intentions de vote progresser de six points, passant de 35,7 % à 42,1 %. Ça s’est fait au détriment d’Éric Lord, dont les appuis ont baissé à 12,3 % selon le sondage. Un peu comme si les électeurs qui ne veulent absolument pas voir Jean-François Aubin prendre les commandes de la Ville faisaient part de leur intention de voter stratégiquement.

Jean-François Aubin fait du surplace dans ce sondage: la hausse des intentions de vote en sa faveur est si mince qu’elle est peu significative. Ce que ça confirme, par contre, c’est qu’il semble y avoir, à Trois-Rivières, un bassin de 45 % d’électeurs favorables au candidat Aubin. À l’élection de 2017, il avait obtenu 44,7 % des voix. C’est exactement le pourcentage qui lui donnait le premier sondage Mainstreet du 11 avril dernier. Et deux semaines plus tard, on nage dans les mêmes eaux.

Quarante-cinq pour cent des votes, dans une véritable course à trois, ce serait normalement suffisant pour qu’il puisse espérer une victoire. Mais si les appuis à l’endroit d’Éric Lord s’effritent, ça peut ne plus l’être. Aujourd’hui, s’il y a un candidat qui souhaite que la baisse des appuis envers Éric Lord ralentisse, ce n’est pas tant Éric Lord lui-même mais bien Jean-François Aubin.

Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue qu’un sondage, c’est une photographie prise à un moment précis. L’exercice a toujours ses limites. L’échantillon, même s’il est approprié pour une élection municipale dans une ville de 108 000 électeurs, a lui aussi ses limites. Le taux d’indécis, encore très élevé à 24 %, vient compliquer la tâche. Ils incluent certainement les discrets, dont l’idée est sans doute déjà faite mais qui n’ont aucune envie de dire vers qui ira leur vote.

Enfin, on demeure dans les marges d’erreur pour ce qui est des deux meneurs. Tout est encore possible.

Il reviendra aux équipes électorales de faire sortir le vote, ce qui n’est certainement pas une mince tâche dans le cadre d’une élection partielle. C’est là que ça va se jouer.

Et avec un taux de participation de 9,2 % au vote par anticipation et au vote itinérant, on va peut-être échapper à la catastrophe anticipée pour ce qui est du taux global de participation, même si on risque de se retrouver encore sous la barre des 50 %. Ce qui en soi est extrêmement préoccupant.

Mais ça, c’est une autre histoire.