Le ministre des Finances, Eric Girard.

Quelques mesures pour les régions

ÉDITORIAL / Même si, dans le budget présenté mardi à Québec, il n’y avait rien de significatif pour les régions en ce qui a trait au transport collectif, on trouve tout de même certaines mesures qui vont donner un coup de pouce aux communautés situées en dehors de la métropole et de la capitale. Il faut fouiller, mais il y en a. Vraisemblablement, le gouvernement de la CAQ est en mode séduction dans des territoires autres que ceux qui lui ont donné une forte majorité à l’Assemblée nationale.

D’abord, l’idée de moduler le taux du crédit d’impôt à l’investissement et à l’innovation (C3i) en fonction du lieu et de l’indice de vitalité économique du territoire où seront réalisés les investissements admissibles, mérite d’être soulignée. En Mauricie, la MRC de Mékinac, la ville de La Tuque et la ville de Shawinigan sont désormais incluses dans les territoires où le crédit d’impôt atteint 20 %.

Ce programme de crédit d’impôt bénéficiera aux entreprises de l’ensemble des secteurs d’activité, notamment le secteur manufacturier et le secteur des services, pour leurs acquisitions de matériel de fabrication et de transformation, de matériel informatique et de progiciels de gestion. Le crédit d’impôt de 10 %, de 15 % ou de 20 % sera pleinement remboursable pour les PME et non remboursable pour les grandes entreprises.

Les entreprises établies dans les communautés métropolitaines de Montréal et de Québec auront droit à un taux de 10 %. Celles des régions à un taux de 15 %. Le taux majoré à 20 % s’applique aux territoires dont l’indice de vitalité économique se situe parmi les 25 % les plus faibles au Québec. S’il n’est pas très réjouissant de se faire rappeler que la Mauricie compte trois de ses six territoires dans cette liste, au moins on peut se réjouir que des mesures d’aide aux entreprises soient adaptées à cette réalité.

En fait, le ministre Éric Girard a regroupé, dans son deuxième budget, les mesures à forte incidence régionale dans une section distincte. Les investissements totalisent 900 millions $ d’ici cinq ans. C’est relativement peu quand on compare aux annonces majeures touchant les infrastructures, notamment celles en transport collectif.

Parmi ces mesures, on retrouve la Stratégie de croissance de l’industrie touristique avec un investissement de 316 millions $ sur cinq ans, les programmes de développement durable du secteur agricole, avec 295 millions $, ou encore le Plan d’action gouvernemental en économie sociale, avec 170 millions $.

On peut noter également une volonté de soutenir la valorisation des minéraux critiques et stratégiques. Le grand projet d’électrification que le gouvernement met de l’avant va stimuler la demande de minéraux tels que le lithium, ce qui pourrait avoir des conséquences sur des entreprises comme Nemaska. À condition que celle-ci puisse boucler le financement nécessaire à sa mise en activité. Le gouvernement entend allouer 97 millions de dollars au cours des cinq prochaines années, afin de valoriser les minéraux critiques et stratégiques, ainsi que les territoires publics.

Autre élément qui pourrait avoir des incidences régionales: la mise en valeur du Saint-Laurent. La ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, devrait rendre publique prochainement la nouvelle «vision maritime du Québec», dont le but est de «faire du Saint-Laurent un corridor économique performant et intelligent, de se réapproprier notre fleuve et d’en tirer profit». Le tout est assorti d’une enveloppe de 172 millions de dollars d’ici 2024-2025.

Enfin, un appui au secteur forestier pourrait avoir des conséquences sur les entreprises de la région dans cet important secteur d’activité économique. Le gouvernement injectera 116 millions $ d’ici 2024-2025, en appui au secteur forestier. Les mesures seront précisées prochainement.

De tels outils, dont la valeur totale n’atteint pas 1 milliard $, semblent bien minces et bien vagues quand un gouvernement nage dans les surplus.